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Peintres de la FIAC

Et oui, il y a de la peinture à la FIAC. Et même cette année, elle se taille la part belle. La preuve ! Le blog a effectué une petite sélection des artistes peintres présents sur la foire. Pour déclencher le diaporama, cliquez sur une image.

FIAC 2016 : jusqu’au 23 octobre. http://www.fiac.com

 

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Violence animale de Cécile Coutant

Cimaises-leblog.fr a rencontré Cécile Coutant, une peintre passionnée. Elle expose à la Clef, à Saint-Germain-en-Laye, dix ans de travail sur le thème de la violence animale. Une expo colorée, surprenante, originale.


Violence animale par Cécile Coutant par cimaises-leblog

De son exposition, Cécile Coutant nous livre ces quelques pistes : « L’homme est un loup pour l’homme : la part animale qui est en nous justifierait-elle la violence faite aux hommes par les hommes ? Gros plan expressionniste du cerf en quête d’amour, trophées ex-voto en hommage à cette nature qui a perdu le combat, sculptures symbiotiques où l’homme se mêle à l’animal, confrontation écarlate avec le soldat en armes et symbolique de liberté dans les mains de femmes paisibles ; à travers cette rétrospective de dix ans de travail, je vous invite à réfléchir aux rapports tumultueux entre l’homme et l’animal. Une réflexion entamée depuis l’enfance, où les repas de famille étaient animés par les récits virils des chasseurs dans un décor d’armes et de trophées, dépouilles signant la victoire de l’homme sur l’animal. »

L’expo

Violence animale de Cécile Coutant, du 2 novembre au 12 décembre 2015, à La Clef, 46 rue de Mareil, 78100 Saint-Germain-en-Laye.

Les liens

www.laclef.asso.fr

www.cecile-coutant.com

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Visite privée chez Hervé Perdriolle, galeriste de l’art indien

Ancien galeriste de la Figuration Libre, Hervé Perdriolle choisissait il y a vingt ans de s’exiler en famille à Pondichéry pour découvrir de nouveaux horizons. Il ne fut pas déçu de son voyage. L’art contemporain populaire et tribal indien le séduisit à tel point qu’il se mit à le collectionner. Quelques années plus tard, de retour à Paris, il décidait de mieux faire connaître ses artistes favoris au public occidental. Cimaises le blog a eu la chance de rencontrer le marchand collectionneur dans son appartement-galerie à Paris où il reçoit sur rendez-vous.

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Hervé Perdriolle devant une œuvre de Jangarh Singh Shyam. Photo VA.

Cimaises le blog : Comment s’est faite votre rencontre avec l’art contemporain populaire indien ?

Hervé Perdriolle : Je suis parti en Inde, car je voulais sortir de l’ethnocentrisme européen, découvrir de nouvelles cultures. Les quatre premiers mois de mon séjour à Pondichéry, j’ai passé mon temps à l’École française d’Extrême-Orient à compulser tout ce qui avait été publié sur l’art et les cultures locales. J’ai appris que dans les années soixante-dix, le gouvernement indien, dirigé alors par Indira Gandhi, avait placé au même niveau art contemporain, art tribal et art populaire indien en accordant des « national awards » aux grandes figures de ces mouvements. Un musée mêlant art contemporain et art populaire avait même été créé à Bhopal, le Bharat Bhawan. J’ai alors décidé de prendre le relais de qui avait été entrepris et de monter ma propre collection.

J’ai mis mes pas dans ceux des spécialistes de ces arts. Je me suis intéressé aux grands noms des ouvrages que je consultais. Puis je suis parti aux quatre coins du pays pour rencontrer ces personnes. À l’époque, c’était compliqué. Les routes étaient mauvaises, il n’y avait pas internet, je mettais un temps fou à me rendre sur place. Parfois, je trouvais porte close, mais je découvrais au hasard de mes voyages d’autres artistes, qui me captivaient. Pendant quinze ans, j’ai acheté des œuvres, en vendant mes biens pour pouvoir le faire. Je les montrais très peu et ne les commercialisais pas. Je suis devenu marchand par la force des choses. De retour à Paris, j’ai écrit de nombreux blogs pour faire connaître cet art, mais j’avais peu d’influence. Un beau jour, un collectionneur a vendu une partie de sa collection indienne, je l’ai aidé. La vente a fait un beau résultat, j’ai communiqué là-dessus. Cet argument économique a eu beaucoup plus de poids que les milliers de lignes que j’avais écrites pour faire découvrir ces artistes ! Aujourd’hui, je participe à des expositions en montrant des œuvres de ma collection, je mets en correspondance artistes contemporains occidentaux et artistes indiens. Je représente dans ma galerie des artistes populaires indiens, mais aussi de jeunes artistes sortis des écoles d’art, qui ont une démarche reliant passé et présent.

Quelle est la particularité de cet art ?

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Jivya Soma Mashe, « Double fishnet », 2014 130 x 225 cm.

Il n’y a pas un art indien, mais  différentes formes d’art, à la diversité colossale. Les peuples aborigènes de l’Inde sont répartis sur tout le territoire, dans de nombreuses tribus, qui regroupent parfois des centaines de milliers de personnes. Ces tribus ont leur propre dialecte, leur propre religion, souvent animiste, et leur propre expression artistique. Une des tribus les plus connues est les Naga, des coupeurs de têtes, christianisés dans les années 50, qui ont créé des totems et des parures magnifiques. Une autre tribu, les Warli, regroupe 600 000 personnes, qui vivent le plus possible en autarcie. Traditionnellement, elles peignaient des peintures rituelles deux fois dans l’année, au moment des mariages et des récoltes de riz. Mais un jour, dans les années 70, un homme a décidé de dessiner quotidiennement. Jivya Soma Mashé a développé un style qui a fait l’admiration de ses proches, de sa tribu puis de son pays. Peindre est alors devenu une activité pratiquée par plusieurs centaines de familles, qui complètent leur revenu agricole par la vente de petites œuvres. Une dizaine de leurs membres sont des artistes à part entière. L’art warli se caractérise par une pictographie basée sur le triangle. Un homme est composé de deux triangles opposés : l’un évoque la montagne sacrée de cette région, l’autre l’urne dans laquelle on fait les offrandes. Le peintre anime les personnages en variant l’orientation de ces deux éléments. Ainsi il peut transmettre les légendes de la tribu, car celle-ci n’a pas d’écriture !

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Une encre de Mayank Kumar Shyam (130,5 x 94 cm)

Qui sont les artistes phares de votre collection ?

C’est difficile pour moi de distinguer un artiste plus qu’un autre, car ils sont tous extraordinaires. Jivya Soma Mashé, dont je vous parlais, est l’un des artistes clefs de ma collection, mais j’essaie aussi de soutenir de jeunes artistes, comme Mayank Kumar Shyam, âgé de 25 ans, issu de la tribu des Gond. Ses encres sont magnifiques. J’aime aussi beaucoup le travail de Pushpa Kumari, une jeune femme artiste originaire de l’État du Bihar au nord de l’Inde. Elle travaille dans la tradition des peintures mithila de cette région, mais en modernisant le style et en ayant des thèmes très actuels, comme le fœticide des embryons féminins, le Sida…

Votre galerie est dans votre appartement. Pourquoi ne pas avoir pignon sur rue ?

Le principe de la galerie, le white cube froid et immaculé, n’est pas du tout dans mes goûts. Mais il est vrai que je me pose désormais la question d’avoir un espace ouvert au public pour me permettre d’organiser des conférences, des rencontres, des événements, des performances avec des artistes. Je suis en train d’y réfléchir. Peut-être dans quelques mois… Ce sera une nouvelle aventure !

Actualité

Cet été, Hervé Perdriolle présente plusieurs de ses artistes lors de différentes expositions collectives. Il est ainsi invité par la galerie Louis Gendre à Chamalières pour montrer son exposition « Art tribal contemporain Inde » du 19 juin au 29 août. On le retrouve aussi régulièrement dans des foires internationales comme Drawing Now et Outsider Art Fair…

Autres événements :

Musée International Des Arts Modestes Sète – France
« Véhicules » du 27 mars au 20 sept 2015

Biennale Internationale d’Art Contemporain de Melle – France
« Jardiniers terrestres, jardiniers célestes » du 4 juillet au 27 sept 2015

Espace Hom Le Xuan Gstaad – Suisse
« Indian Contemporary Art » du 11 juillet au 29 août 2015

Palais des Beaux-Arts Bruxelles – Belgique
« Chinese Utopia Revisited » du 17 juillet au 29 septembre 2015

Musée Paul Valéry Sète – France
La Figuration Libre « Historique d’une aventure » du 2 juillet au 15 nov 2015

Pour en savoir plus

Hervé Perdriolle reçoit sur rendez-vous dans sa galerie en appartement située à Paris, près du jardin de Luxembourg. Son site : http://herve-perdriolle-paris.blogspot.fr/

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L’œuvre au noir d’Aurore Pallet

Un alignement de petites peintures sur bois de format identique. Sous les spots de la galerie, leur surface vernie réfléchit des brumes blanchâtres. Mais si le visiteur se déplace et se rapproche, le reflet éblouissant disparaît, le gris scintillant fait place au noir. On découvre alors des paysages monochromes. Ceux-ci semblent surgir des ténèbres nocturnes, à peine éclairés par une lune lointaine et invisible. L’auteur de ces petites peintures est Aurore Pallet (née en 1982). Pour sa deuxième exposition à la galerie Isabelle Gounod, elle invite le visiteur à un voyage où chaque tableau constitue une étape dans des lieux symboliques ; la montagne, le rivage, l’île, le ciel. À travers ces paysages, l’artiste poursuit sa réflexion autour d’une thématique qui lui est chère, celle de « l’esprit des lieux.  » Elle confie ces quelques clefs sur sa peinture : « J’ai voulu traverser un espace. Cet espace n’est pas celui d’une réflexion ; c’était celui, immersif, du mouvement aléatoire des images mentales. Comme lorsque dans le train, le paysage qui défile sous nos yeux se transforme et disparaît pour laisser place à un flux incontrôlé de pensées flottantes. Il s’agit donc de paysages. En noir et blanc le plus souvent, à peine colorés parfois ; des rivages et des fonds sous-marins, des lignes d’horizons, les éléments d’une végétation plus ou moins envahissante, des îles… Ces peintures sont pour moi des lieux. Comme tout lieu, elles sont aussi un espace intérieur. Leur réalité importe peu. Il faut y avancer lentement, ne rien attendre, s’ancrer contre tout discours. »

aurore pallet
Aurore Pallet, Les annonces fossiles 6, 2014, huile sur bois, 17 x 25 cm.

L’expo :

Aurore Pallet « Les Annonces Fossiles », du 7 février au 28 mars 2015 (fermeture exceptionnelle de la galerie du 05/03 au 12/03 inclus) Galerie Isabelle Gounod, 13, rue Chapon 75003 Paris.

Œuvre en-tête :

Aurore Pallet, Les annonces fossiles 20, 2014, huile sur bois, 17 x 25 cm (détail)

claire tabouret

Claire Tabouret à la galerie Bugada & Cargnel

Une vue de l'exposition de Claire Tabouret à la galerie BUgada & Cargnel (ph. VA)
Une vue de l’exposition de Claire Tabouret à la galerie Bugada & Cargnel (ph. VA)

Tombée en peinture à l’âge de quatre ans devant Les Nymphéas de Claude Monet, Claire Tabouret n’a jamais dévié de sa vocation première. Elle se revendique peintre figurative. Ses œuvres évoquent les thèmes de l’enfance, des racines familiales, des liens sociaux. L’artiste mêle aplats, épaisseurs et glacis transparents, elle donne à voir une réalité mouvante et ambiguë. Travaillant à partir de photographies (aussi bien des archives personnelles que des clichés anonymes récoltés au fil de ses recherches), elle s’empare de figures figées dans un espace-temps indéfinissable, pour avancer une nouvelle lecture de leurs présences et de leurs apparences. En ces mois de décembre et janvier, elle expose sa dernière série à la galerie Bugada & Cargnel, dans le quartier de Belleville. Dans des toiles de grands formats, elle évoque de manière symbolique ces fameux bals des débutantes où de toutes jeunes femmes font leur entrée dans les hautes sphères de la société. Cette présentation très codifiée transforme l’individu en un bel objet, l’être disparaît derrière le paraître. Ce thème est le prétexte pour Claire Tabouret à explorer la place de l’individu au sein du groupe, sa capacité à s’en extraire ou à s’y diluer. Elle peint le passage du monde de l’enfance au monde adulte, l’empreinte du temps. Les fonds aux couleurs acidulées, parfois fluorescentes, s’opposent aux corps translucides, fantomatiques, aux visages absents. Les robes se mêlent dans un entrelacs de plis qui envahissent même l’arrière-plan. Évoquent-ils les liens imposés qui relient les individus, au risque de les étrangler ?

Infos pratiques

Claire TABOURET, « Les Débutantes ». Exposition jusqu’au 7 février 2015, du mardi au samedi, de 14 à 19 heures. Galerie Bugada & Cargnel, 7-9, rue de l’Équerre – 75019 Paris.

tabouret sculpture
Claire Tabouret réalise également depuis quelques années des sculptures. Ici « La camisole bleue », 140 x 170 x 240 cm, céramique et tissu. (ph. VA)

Peinture en-tête (détail) : « Les débutantes, vert de jaune », acrylique sur toile, 230 x 330 cm.

Bruneau

Martin Bruneau, peintures fragmentaires

Comment appréhender la peinture ancienne quand on est un artiste contemporain ? De quelle manière évoquer les grands maîtres sans tomber dans la facilité ou l’hommage vain ? Martin Bruneau, peintre canadien installé en France depuis plusieurs années, a fait de cette interrogation un leitmotiv de son œuvre. Dans le passé, il s’était inspiré de Goya, de Cranach, de Courbet… « J’ai débuté mes études universitaires dans le département d’histoire. Cette expérience a influencé ma perception de l’art. Ensuite, quand j’étais étudiant en art, dans une scène artistique où on ne cessait de répéter la mort de la peinture, je me demandais pourquoi les musées étaient de plus en plus fréquentés et ce qui faisait que la peinture qu’on y trouvait était valable et non celle qui se faisait aujourd’hui. Cela m’a amené à me demander ce qui définissait une “peinture”. Mes lectures en phénoménologie et en sémiologie ont ensuite nourri et orienté ma pratique », expliquait Martin Bruneau dans le catalogue de son exposition à l’Abbaye de Maubuisson en 2008. En cette fin d’année 2014, l’artiste entraine le spectateur dans une traversée ayant pour origine le Radeau de la méduse de Géricault. Il présente une série d’une dizaine de tableaux à la galerie Isabelle Gounod. Le radeau construit par les naufragés y est absent. Demeurent les corps dont Bruneau a conservé les positions et les mouvements. Il zoome sur certains détails, en élimine d’autres, entoure les fragments de chairs de peinture vive brutalement appliquée à la brosse. La couleur s’ingénie à neutraliser, à contrarier la dimension narrative de la toile. L’artiste juxtapose univers abstrait et figuratif, nuance et violence. Il propose une expérience esthétique originale. En mettant le sujet à distance, il explore ainsi les mystères de l’acte créatif.

Bruneau Isabelle Gounod
Une vue de l’exposition de Martin Bruneau à la galerie Isabelle Gounod.

Œuvre en-tête

Martin Bruneau, Groupe fond rouge et noir, 2014, huile sur toile, 150 x 150 cm (détail)

Infos

Martin Bruneau « Fragments », du 8 novembre au 17 janvier 2015. Galerie Isabelle Gounod, 13, rue Chapon 75003 Paris www.galerie-gounod.com