Bioulès

Art Paris Art Fair 2017

Pour le plaisir des yeux, ma sélection d’œuvres  au salon Art Paris Art Fair.

Cy Twombly, les secrets de sa technique

Le Centre Pompidou organise la première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly en Europe. Une exposition d’une ampleur inédite, présentée uniquement à Paris, qui rassemble des prêts exceptionnels, venant de collections publiques et privées du monde entier. L’événement retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies permettant d’appréhender toute la richesse de son œuvre. Le blog vous livre quelques pistes pour mieux comprendre l’art de Cy Twombly et sa façon de travailler.

"Coronation
Coronation of Sesostris, 2000 Part V : Acrylique, crayon à la cire, mine de plomb sur toile 206,1 x 156,5 cm Pinault Collection © Cy Twombly Foundation, courtesy Pinault Collection

Au-delà de l’apparente facilité du geste, l’œuvre de Cy Twombly est celle d’un érudit. Derrière les traits griffonnés, les mots gribouillés, l’artiste multiplie les références mythologiques, symboliques et historiques. Dans la série « Coronation of Sesostris », il évoque la course du dieu égyptien Râ qui traverse le ciel à bord de sa barque solaire du crépuscule à l’aube. Il entremêle les références au pharaon Sésostris Ier, aux poètes antiques Sappho et Alcman ainsi qu’à la poétesse contemporaine Patricia Waters. Mais parfois il glisse des allusions beaucoup plus triviales dans ses œuvres. Ainsi, la toile intitulée Apollo désigne le théâtre de l’Apollo à Harlem où Cy Twombly allait danser avec sa femme.

L’artiste aime varier les techniques et les supports. Il dessine, peint, réalise des collages. Il utilise, en les mixant, de la peinture industrielle, de l’huile, de l’acrylique, des crayons de couleur, des pastels à l’huile, des crayons à la cire, de la mine de plomb… Il confie cependant que l’huile n’est pas sa technique favorite, car elle sèche trop lentement. Il ne peut revenir sur ses tracés encore humides, sans prendre le risque de les gâcher. Il préfère le travail avec les crayons, qui lui permet d’écrire, de dessiner, d’avoir un geste rapide.

"Summer
Summer Madness, 1990 Acrylique, huile, crayon de couleur, mine de plomb sur papier monté sur panneau de bois 150 x 126 cm Udo et Anette Brandhorst Collection © Cy Twombly Foundation

Cy Twombly ne se force pas à peindre et peut ignorer son atelier pendant des jours. Il ne s’y rend que si l’inspiration est là. À l’atelier, il a besoin d’être concentré sur sa création, sans être gêné par des interférences. Mais il n’est pas tout le temps devant sa toile. Il prend du temps pour réfléchir aux motifs de ses œuvres. Il se lance après cette longue préparation émotive quand tout est planifié dans sa tête. Il privilégie la spontanéité du trait. Autrefois, il a pu peindre dans le noir. Pour les grands formats, il dessine cependant des croquis préparatoires. Quand il peint, Cy Twombly ne pense ni à la composition, ni aux couleurs, mais uniquement à l’urgence de la création.

Cy Twombly ne prépare pas ses châssis à l’avance car le format et la taille dépendent du sujet. De nombreuses œuvres font deux mètres de large, ce qui correspond à la largeur des rouleaux de toile. L’artiste aime travailler sur plusieurs peintures en même temps réparties dans tout l’atelier. Il passe de l’une à l’autre, en se nourrissant de l’énergie de chacune… Il travaille ainsi beaucoup par séries.

Sans titre (Lexington), 2004 Bois, vis, corde, toile à sac, plâtre, peinture à la résine synthétique 206,5 x 44,5 x 45 cm Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Sammlung Udo and Anette Brandhorst
Sans titre (Lexington), 2004. Bois, vis, corde, toile à sac, plâtre, peinture à la résine synthétique. 206,5 x 44,5 x 45 cm. Cy Twombly Foundation
© Cy Twombly Foundation, courtesy Sammlung Udo and Anette Brandhorst

L’artiste sculpte également. L’exposition de Beaubourg montre une très belle sélection de sculptures. Constituées d’éléments disparates, ces sculptures peuvent être qualifiées d’assemblages et d’hybridations. Élaborées à partir d’objets trouvés (morceaux de bois, fiches électriques, cartons, fragments de métal, fleurs séchées ou artificielles), ces combinaisons de formes brutes sont unifiées par un mince revêtement de plâtre. Le blanc dont elles sont badigeonnées fait naître à leur surface de subtiles nuances. Il accroche la lumière et leur octroie une apparence spectrale. Cy Twombly dit ainsi : « La peinture blanche est mon marbre ».

Quelques citations de l’artiste :

« Chaque trait est habité de sa propre histoire, dont il est l’expérience présente ; il n’explique pas, il est l’événement de sa propre matérialisation. »

« J’ai davantage le sentiment de vivre une expérience que de faire un tableau. »

 

Infos pratiques :

Cy Twombly, 30 novembre 2016 — 24 avril 2017, Centre Pompidou, Paris. www.centrepompidou.fr

Les informations sur la technique de l’artiste sont en partie issues d’interviews publiées sur son site internet. http://cytwombly.info/twombly_writings1.htm

Œuvre en-tête

Untitled (Bacchus) (détail), 2005, acrylique sur toile, 317,5 x 417,8 cm. Udo et Anette Brandhorst Collection © Cy Twombly Foundation

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Les machines de Gilbert Peyre

Gilbert Peyre expose ses machines extravagantes, inventives, poétiques à la Halle Saint-Pierre à Paris. Le blog vous fait découvrir quelques instants les sculptures de bric et de broc de cet artiste électromécanomaniaque. Avec quelques éléments récupérés dans les poubelles, chez Emmaüs, et beaucoup d’ingéniosité, Gilbert Peyre crée un monde mystérieux et parfois dérangeant.


Gilbert Peyre à la Halle Saint-Pierre par cimaises-leblog

Infos

Gilbert PEYRE, L’électromécanomaniaque, du 16 septembre 2016 au 26 février 2017. Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard,75018 Paris. Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89

www.hallesaintpierre.org

Photo en tête :  Gilbert Peyre, BêteMachine, 1997-2016, électropneumatique (détail)

 

Paris photo : arrêt sur images

Parlons un peu photo pour changer. Le salon Paris Photo vient de fermer ses portes. Il s’agissait de sa vingtième édition. Celle-ci a été un succès, car elle a attiré 60 000 visiteurs sous la nef du Grand Palais, une fréquentation historique. Le public venait admirer les œuvres de plus de 1250 artistes présentées par 153 galeries du monde entier. Comme chaque année, ce salon est passionnant car il montre un panorama complet de l’art photographique. Il y en avait pour tous les goûts. On pouvait y voir aussi bien des trésors vintage des précurseurs de la photographie, des photos d’art contemporain déjantées, de la photo documentaire ou vernaculaire, mais aussi des photos abstraites, surréalistes, des grands formats, des mini-formats, des affiches collées, des photos sous verre ou sur dibond, parfois des négatifs… Pour visiter ce salon, il faut prendre son temps, effectuer des pauses régulières pour éviter d’être saturé ! Dans cette profusion d’images, le blog a choisi de faire un focus sur des œuvres proches de l’expression picturale. Car si la peinture contemporaine s’inspire allègrement de la photographie, la photographie puise aussi ses inspirations chez sa vieille cousine !

Augustin Rebetez était le « héros » du stand de la galerie Feldbush Wiesner Rudolph. Cet artiste multimédia utilise la photographie, la peinture, la vidéo pour explorer notre inconscient. Son installation pleine d’objets, de dessins collés envahissant le stand détonnait au milieu des milliers de cadres vitrés du Salon.

L'installation d'Augustin Rebetez sur le stand de la galerie Feldbush Wiesner Rudolph
L’installation d’Augustin Rebetez sur le stand de la galerie Feldbush Wiesner Rudolph

À la Galerie Lelong, David Hockney, toujours créatif malgré ses 77 printemps, exposait une série d’œuvres réalisées dans son studio de Los Angeles en 2014. Ces « dessins photographiques », comme il les appelle, sont des portraits de groupes, où chaque personnage a été photographié séparément, multipliant ainsi les points de fuite. Fidèle à ses recherches sur la perspective et la perception de l’espace, l’artiste pousse les limites de la photographie en l’associant à la peinture.

David Hockney, "4 blue stools", 107 x 176 cm, photographic drawing printed on paper, mounted on Dibond, 2014
David Hockney, « 4 blue stools », 107 x 176 cm, photographic drawing printed on paper, mounted on Dibond, 2014

La Chelouche gallery présentait le projet « Dreyfus/Méliès » de Nir Evron. Le photographe a travaillé à partir des neufs épisodes du film L’affaire Dreyfus de Georges Méliès. Il a photographié chacune des images de ce film et les a compressées pour obtenir une seule image par épisode. Le résultat est proche d’une peinture abstraite, aérienne et onirique.

Nir, Evron, "Dreyfus/Méliès" ("La dictée du bordereau", Star Film Company 206, 1899) 2014. Pigment inkjet print on archival paper. 18 x 24 cm.
Nir, Evron, « Dreyfus/Méliès » (« La dictée du bordereau », Star Film Company 206, 1899) 2014. Pigment inkjet print on archival paper. 18 x 24 cm.

La même galerie montrait également une série de Uri Gershuni sur une célèbre usine allemande de détergents pour la blanchisserie. Des diptyques réunissaient une vue de l’usine et la même photo passée au détergent. Il ne reste alors plus que le papier abîmé, bouffi par l’eau et les produits chimiques. La matière flétrie prend le pas sur la représentation.

Uri Gershuni, "The white lady", silver print washed in a washing machine, 40 x 60 cm.
Uri Gershuni, « The white lady », silver print washed in a washing machine, 40 x 60 cm.

La galerie Catharine Clark nous faisait découvrir le travail de Nina Katchadourian. La jeune femme réalise des autoportraits incroyables dans le style des primitifs flamands. Mais ce ne serait pas amusant sans une certaine complication : ces photos sont créées dans les toilettes des avions avec le matériel que l’artiste a sous la main.

Nina Katchadourian, "Lavatory self-portrait in a Flemish style", Suite #1, C-prints
Nina Katchadourian, « Lavatory self-portrait in a Flemish style », Suite #1, C-prints

Elene Usdin exposait à la Galerie Esther Woerdehoff une série de portraits, où la peinture envahit les corps, semblant les dévorer.

Elene Usdin, "Pauline d'après Bosch", 2016, 64 x 64 cm. Archival pigment print with acrylic painting, framed. Unique piece.
Elene Usdin, « Pauline d’après Bosch », 2016, 64 x 64 cm. Archival pigment print with acrylic painting, framed. Unique piece.

À la galerie Kamera Obscura, une série de natures mortes, rehaussées à la peinture à l’huile, attirait le regard par leur atmosphère précieuse et mystérieuse. Elles étaient l’œuvre de l’artiste allemand, Ingar Krauss. Ce photographe autodidacte réalise lui-même les tirages argentiques noir et blanc de ses photographies avant de les peindre à l’huile dans une gamme réduite de couleurs.

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Ingar Krauss, « Sans titre, Wiepersdorf », 2010, tirage argentique rehaussé à la peinture à huile.

Infos salon Paris Photo :

http://www.parisphoto.com/fr/paris

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YIA et Outsider art fair

À Paris, quand il y a la FIAC, il n’y a pas que la FIAC ! Pendant ce week-end d’octobre très chargé, la capitale accueille de nombreuses foires off. Celles-ci proposent des parcours dans l’art contemporain plus alternatifs, souvent plus originaux. Parmi les plus réussies, YIA Art Fair  présentait une sélection d’une soixantaine de galeries internationales. Voici dans cette sélection, la sélection du blog…

Mais la foire préférée du blog est la Outsider art fair dédiée aux arts bruts et autodidactes. On y fait des découvertes merveilleuses, les galeristes ont plaisir à partager leurs coups de cœur… La force de vie des artistes, leur anticonformisme donnent la pêche.

Cliquez sur les images pour déclencher les diaporamas et découvrir les légendes !!!

Peintres de la FIAC

Et oui, il y a de la peinture à la FIAC. Et même cette année, elle se taille la part belle. La preuve ! Le blog a effectué une petite sélection des artistes peintres présents sur la foire. Pour déclencher le diaporama, cliquez sur une image.

FIAC 2016 : jusqu’au 23 octobre. http://www.fiac.com

 

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