Archives du mot-clé peinture contemporaine

Connaissez-vous les prix de la Fondation Taylor ?

Située dans une maison-atelier, rue la Bruyère à Paris, la Fondation Taylor œuvre à la défense des artistes, qu’ils soient peintres, sculpteurs, architectes, graveurs ou dessinateurs. Association créée en 1844 par le Baron Taylor, artiste et homme de culture, elle est reconnue d’utilité publique depuis 1881. Ce soutien à la création se traduit de multiples façons : organisation d’expositions, attribution de bourses et de prix. Cette longévité, la régularité de son action en font un acteur de référence dans le domaine artistique.

Chaque année, la Fondation Taylor décerne une cinquantaine de prix. 22 d’entre eux sont attribués sur dossiers par des jurys se réunissant dans les différentes sections de dessin, gravure, sculpture et peinture. Pour participer, les artistes doivent être adhérents de la Fondation. Les prix sont constitués par donation et legs. Ils peuvent répondre à des conditions particulières établies par leur fondateur. Le public, quant à lui, peut juger sur pièce et découvrir les œuvres des lauréats dans une exposition à la Fondation. La cuvée 2018 est ainsi exposée jusqu’au 7 juillet.

Cimaises-leblog a particulièrement aimé les œuvres de ces trois lauréats 2018 :

Ingrid Stübinger devant une de ses œuvres

Ingrid Stübinger a reçu le prix Adolphe Gumery. Créé par l’Association des amis du peintre Adolphe Gulery (1861-1943), il est décerné tous les deux ans alternativement en peinture et en dessin. Il récompense un artiste dont l’œuvre ou une partie de l’œuvre illustre le thème du voyage, proche ou lointain et qu’il soit réel ou imaginaire.

Une œuvre d’Alain Marie

Alain Marie a reçu le prix Léon-Georges Baudry. Créé par Léon-Georges Baudry, sculpteur (1898-1978), d’un montant de 20.000 €, il est destiné « à un artiste français connu, homme ou femme, âgé de 55 ans minimum, […] d’un réel talent figuratif pour la qualité de l’ensemble de son oeuvre. » Ce prix est attribué alternativement en sculpture, peinture et gravure.

Une œuvre de Teruhisa Yamanobe

Teruhisa Yamanobe a reçu le prix Maryse Anderbouhr. Créé par Paul Anderbouhr, peintre, (1909-2006) en mémoire de son épouse. Il est réservé à un peintre paysagiste, femme ou homme âgé de plus de 60 ans «… en souvenir d’une femme d’artiste… »

En savoir plus :

Les lauréats des « Grands Prix » 2018 de la Fondation Taylor. Exposition du 19 juin au 7 juillet 2018, du mardi au samedi de 13 h à 19 h.

Fondation Taylor, 1 rue La Bruyère, 75009 Paris. Tél. 01 48 74 85 24

www.taylor.fr

Image mise en avant :

Œuvre d’Ingrid Stübinger

Voyage au centre de la terre

Il y a un an le groupe immobilier Emerige confiait à huit artistes les clefs d’un complexe industriel voué à la démolition et situé en plein cœur de Paris. Ceux-ci, peintres, sculpteur ou plasticiens, ont installé leur atelier dans ces grands espaces et ont pu travailler en toute tranquillité sur leurs projets. Aujourd’hui, il faut rendre les clefs. Les vieux entrepôts vont laisser place à un immeuble de logements. Mais avant la fermeture des lieux, une exposition organisée par Jérôme Sans, critique d’art et créateur du Palais de Tokyo, témoigne du bouillonnement de ce laboratoire de création, de la richesse des univers plastiques fort différents. Chaque artiste a organisé son espace et présente sa production dans une mise en scène impeccable. Le titre de l’exposition est « Voyage au centre de la Terre », car le parti pris est un voyage poétique et esthétique au sein de l’atelier, au cœur du processus de création. On y voit des œuvres, mais aussi les éléments qui ont inspiré celles-ci. Le coup de cœur du blog va au travail énigmatique de Romain Bernini, né en 1979. Dans ses peintures, des personnages évoluent dans des ambiances psychédéliques, ils côtoient des jungles vaudoues et exubérantes, des perroquets bavards.

Voyage au centre de la Terre. Du 9 au 25 mars 2018 au 7, rue de Tolbiac (XIIIe). Tous les jours de 12 h à 19 h. Entrée libre.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

szafran

Les jungles de Sam Szafran

Sans titre, 2017. Aquarelle et pastel. 120 x 80 cm.

Une expo qu’il ne fallait pas manquer : les profusions végétales de Sam Szafran à la galerie Claude Bernard. Depuis des dizaines et des dizaines d’années, l’artiste qui a maintenant 84 ans, peint à l’aquarelle et au pastel les philodendrons qui envahissent son atelier de lianes gigantesques, de feuilles polymorphes. Aucune ligne d’horizon, la végétation sature l’espace des toiles grands formats. Un personnage assis semble rêver, à peine dérangé par les monsteras avides.

Galerie Claude Bernard, 7/9 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris. Expo Sam Szafran jusqu’au 3 mars 2018.

Peinture à la FIAC

Même si les grincheux aiment à penser le contraire, les amateurs de peinture et de dessin contemporains peuvent trouver leur bonheur à la FIAC. Il suffit d’ouvrir l’œil, de garder intact son désir de découverte… Voici quelques œuvres repérées à la dernière édition de la grande foire marchande internationale, qui cette année était particulièrement riche en œuvres sur papier et sur toile. (Cliquez sur les images pour activer le diaporama).

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

L’atelier contemporain voit le jour

Une nouvelle revue d’art, ce n’est pas si fréquent. Saluons cette belle initiative ! L’Atelier contemporain établit un pont entre littérature et art actuel. Des textes d’écrivains font ainsi écho à des œuvres de peintres peu médiatisés. La poésie des mots illustre la beauté de la couleur et de la touche. Dans le premier numéro, on peut lire un dossier « Pourquoi écrivez-vous sur l’art », des extraits du carnet de l’artiste Alexandre Hollan, des textes sur la peinture d’Ann Loubert et de Monique Tello.

Cette revue est destinée à paraître deux fois par an, elle coûte 20 euros pour 256 pages et est disponible ici.

Un extrait de L'atelier contemporain
Un extrait de L’atelier contemporain
Un extrait de L'Atelier contemporain
Un autre extrait de L’Atelier contemporain

Bang bang, l’art pour cible !

Cibles anciennes dans le décor du Musée (Photos VA)

Exposition originale au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Saviez-vous que pendant des siècles, les sociétés de tir européennes ont organisé des concours dont l’enjeu consistait à tirer sur une cible minutieusement décorée ? Après les épreuves, ces cibles peintes criblées de balles étaient souvent offertes en trophées aux vainqueurs de la compétition. Le Musée présente une cinquante de cibles anciennes, principalement conservées dans les musées de Croatie. Elle confronte ces créations de la culture populaire à des œuvres récentes utilisant le motif de la cible ou se référant à l’acte prédateur du tir.

"La récompense", vers 1840, Musée de la Ville de Zagreb. Photo VA

Liée à l’essor des villes, la pratique du tir sur cible peinte se développe en Europe occidentale dès la fin du Moyen-Âge. Elle s’éteint en France à la Révolution avec l’interdiction des corporations, mais se poursuit dans les territoires de cultures germaniques comme la Croatie jusqu’à une période proche. Ces cibles d’honneur sont décorées d’une grande variété de motifs et sujets polychromes par des artistes anonymes. Scènes de genre ou d’histoire, figures allégoriques, mythologiques ou héraldiques sont accompagnées de légendes ou d’inscriptions parfois ambivalentes. Les peintres de cible ne manquent pas d’humour. Ils proposent aux tireurs d’exercer leur talent sur des paysages idylliques, voire de transgresser les tabous en tirant sur des chambres d’enfants ou les propres membres de la confrérie.

Marija Ujevic Galetovic, "Target" (détail), 1979, Musée d'art contemporain de Zagreb (photo VA)

Les œuvres contemporaines exposées dans le musée témoignent de la vitalité du thème du tir dans la création actuelle. Les plus emblématiques sont deux peintures de Niki de Saint-Phalle, Portrait of my lover et Tir, où l’artiste exprime sa révolte contre un père incestueux. Ces œuvres ont pris forme dans un happening violent et joyeux, après que les spectateurs aient tiré à la carabine ou aux fléchettes sur elles. L’artiste confiait ainsi : « C’était une sensation étonnante de tirer sur un tableau et de voir comment il se transformait lui-même en un nouveau tableau. C’était excitant et sexy, mais tragique en même temps, car nous devenions, dans le même moment, les témoins d’une naissance et d’une mort. »

Exposition « Cibles » jusqu’au 31 mars 2013, Musée de la Chasse et de la Nature, 62, rue des Archives, 75003 Paris. Ouvert de 11 h 00 à 18 h 00 tous les jours sauf les lundis et jours fériés. Nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h 30.