Archives du mot-clé peinture contemporaine

Voyage au centre de la terre

Il y a un an le groupe immobilier Emerige confiait à huit artistes les clefs d’un complexe industriel voué à la démolition et situé en plein cœur de Paris. Ceux-ci, peintres, sculpteur ou plasticiens, ont installé leur atelier dans ces grands espaces et ont pu travailler en toute tranquillité sur leurs projets. Aujourd’hui, il faut rendre les clefs. Les vieux entrepôts vont laisser place à un immeuble de logements. Mais avant la fermeture des lieux, une exposition organisée par Jérôme Sans, critique d’art et créateur du Palais de Tokyo, témoigne du bouillonnement de ce laboratoire de création, de la richesse des univers plastiques fort différents. Chaque artiste a organisé son espace et présente sa production dans une mise en scène impeccable. Le titre de l’exposition est « Voyage au centre de la Terre », car le parti pris est un voyage poétique et esthétique au sein de l’atelier, au cœur du processus de création. On y voit des œuvres, mais aussi les éléments qui ont inspiré celles-ci. Le coup de cœur du blog va au travail énigmatique de Romain Bernini, né en 1979. Dans ses peintures, des personnages évoluent dans des ambiances psychédéliques, ils côtoient des jungles vaudoues et exubérantes, des perroquets bavards.

Voyage au centre de la Terre. Du 9 au 25 mars 2018 au 7, rue de Tolbiac (XIIIe). Tous les jours de 12 h à 19 h. Entrée libre.

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szafran

Les jungles de Sam Szafran

Sans titre, 2017. Aquarelle et pastel. 120 x 80 cm.

Une expo qu’il ne fallait pas manquer : les profusions végétales de Sam Szafran à la galerie Claude Bernard. Depuis des dizaines et des dizaines d’années, l’artiste qui a maintenant 84 ans, peint à l’aquarelle et au pastel les philodendrons qui envahissent son atelier de lianes gigantesques, de feuilles polymorphes. Aucune ligne d’horizon, la végétation sature l’espace des toiles grands formats. Un personnage assis semble rêver, à peine dérangé par les monsteras avides.

Galerie Claude Bernard, 7/9 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris. Expo Sam Szafran jusqu’au 3 mars 2018.

Peinture à la FIAC

Même si les grincheux aiment à penser le contraire, les amateurs de peinture et de dessin contemporains peuvent trouver leur bonheur à la FIAC. Il suffit d’ouvrir l’œil, de garder intact son désir de découverte… Voici quelques œuvres repérées à la dernière édition de la grande foire marchande internationale, qui cette année était particulièrement riche en œuvres sur papier et sur toile. (Cliquez sur les images pour activer le diaporama).

 

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L’atelier contemporain voit le jour

Une nouvelle revue d’art, ce n’est pas si fréquent. Saluons cette belle initiative ! L’Atelier contemporain établit un pont entre littérature et art actuel. Des textes d’écrivains font ainsi écho à des œuvres de peintres peu médiatisés. La poésie des mots illustre la beauté de la couleur et de la touche. Dans le premier numéro, on peut lire un dossier « Pourquoi écrivez-vous sur l’art », des extraits du carnet de l’artiste Alexandre Hollan, des textes sur la peinture d’Ann Loubert et de Monique Tello.

Cette revue est destinée à paraître deux fois par an, elle coûte 20 euros pour 256 pages et est disponible ici.

Un extrait de L'atelier contemporain
Un extrait de L’atelier contemporain
Un extrait de L'Atelier contemporain
Un autre extrait de L’Atelier contemporain

Bang bang, l’art pour cible !

Cibles anciennes dans le décor du Musée (Photos VA)

Exposition originale au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Saviez-vous que pendant des siècles, les sociétés de tir européennes ont organisé des concours dont l’enjeu consistait à tirer sur une cible minutieusement décorée ? Après les épreuves, ces cibles peintes criblées de balles étaient souvent offertes en trophées aux vainqueurs de la compétition. Le Musée présente une cinquante de cibles anciennes, principalement conservées dans les musées de Croatie. Elle confronte ces créations de la culture populaire à des œuvres récentes utilisant le motif de la cible ou se référant à l’acte prédateur du tir.

"La récompense", vers 1840, Musée de la Ville de Zagreb. Photo VA

Liée à l’essor des villes, la pratique du tir sur cible peinte se développe en Europe occidentale dès la fin du Moyen-Âge. Elle s’éteint en France à la Révolution avec l’interdiction des corporations, mais se poursuit dans les territoires de cultures germaniques comme la Croatie jusqu’à une période proche. Ces cibles d’honneur sont décorées d’une grande variété de motifs et sujets polychromes par des artistes anonymes. Scènes de genre ou d’histoire, figures allégoriques, mythologiques ou héraldiques sont accompagnées de légendes ou d’inscriptions parfois ambivalentes. Les peintres de cible ne manquent pas d’humour. Ils proposent aux tireurs d’exercer leur talent sur des paysages idylliques, voire de transgresser les tabous en tirant sur des chambres d’enfants ou les propres membres de la confrérie.

Marija Ujevic Galetovic, "Target" (détail), 1979, Musée d'art contemporain de Zagreb (photo VA)

Les œuvres contemporaines exposées dans le musée témoignent de la vitalité du thème du tir dans la création actuelle. Les plus emblématiques sont deux peintures de Niki de Saint-Phalle, Portrait of my lover et Tir, où l’artiste exprime sa révolte contre un père incestueux. Ces œuvres ont pris forme dans un happening violent et joyeux, après que les spectateurs aient tiré à la carabine ou aux fléchettes sur elles. L’artiste confiait ainsi : « C’était une sensation étonnante de tirer sur un tableau et de voir comment il se transformait lui-même en un nouveau tableau. C’était excitant et sexy, mais tragique en même temps, car nous devenions, dans le même moment, les témoins d’une naissance et d’une mort. »

Exposition « Cibles » jusqu’au 31 mars 2013, Musée de la Chasse et de la Nature, 62, rue des Archives, 75003 Paris. Ouvert de 11 h 00 à 18 h 00 tous les jours sauf les lundis et jours fériés. Nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h 30.

Bahram Hajou ou la solitude des amants

Une galerie rue Visconti à Paris. Un brin de poésie. Et de tragédie aussi. Sur une fine toile de lin écrue, des silhouettes suggérées par quelques traits de peinture noire et tachées de couleurs vives. Les visages, stylisés, ressemblent à celui de l’artiste, Bahram Hajou, peintre kurde né en Syrie, vivant en Allemagne. Mais derrière l’apparente simplicité des autoportraits, la légèreté gracieuse, l’artiste nous livre une vision critique de l’humanité. Peur, doute, incompréhension… Les regards interrogent frontalement le spectateur le plaçant face à ses propres détresses. La solitude joue en sourdine dans les corps-à-corps, les sexes opposés ne se rejoignent jamais. Le désir brûle les chairs et les âmes d’un feu sans rémission. Le constat pourrait être terrible. Mais Bahram Hajou possède l’élégance des poètes. Il fuit le mélodrame. Il évoque, questionne, interloque et se moque !

Bahram Hajou, La ronde spéculative, huile sur toile, 260 x 180 cm

L’exposition des peintures de Bahram Hajou a lieu à la Galerie GNG, 3 rue Visconti à Paris, du 12 février au 23 mars 2013.