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Bioulès

Art Paris Art Fair 2017

Pour le plaisir des yeux, ma sélection d’œuvres  au salon Art Paris Art Fair.

Visite guidée d’Art Paris Art Fair

Art Paris Art Fair vient de s’achever. C’est une belle foire axée sur la peinture, la sculpture et la photographie contemporaines. Cette année, la Chine était à l’honneur, avec de nombreux artistes et galeries en provenance de ce pays. Si vous n’avez pu vous y rendre, Cimaises-leblog.fr vous offre une visite guidée de l’édition 2014 en deux minutes chrono.


Art Paris Art Fair par cimaises-leblog

Pour en savoir plus :

http://artparis.fr

Les secrets de la technique de Roy Lichtenstein

Cet été jusqu’au 7 novembre, le Centre Pompidou présente la première rétrospective en France du peintre américain Roy Lichtenstein (1923-1997). Cette figure emblématique du Pop art s’emparait d’images issues des comics et des réclames qu’il reportait sur la toile dans un code pictural personnel, auquel il restera fidèle tout au long de sa carrière. L’artiste reproduisait notamment les trames de l’impression offset, insistait sur les contours noirs, peignait par aplat avec les couleurs primaires… « Je veux que mon tableau ait l’air d’avoir été programmé. Je veux cacher la trace de ma main », disait ainsi Roy Lichtenstein. Mais derrière l’apparente facilité, la simplicité des motifs, se cache un travail imposant.

Les étapes de création

Roy Lichtenstein s’inspire d’une ou plusieurs de sources imprimées pour réaliser ses dessins préparatoires qu’il peaufine longuement pour les simplifier. Il commence à travailler au crayon de couleur et à la mine de plomb, en utilisant des calques qui lui permettent de tester différentes tonalités. Ce premier dessin est projeté à plus grande échelle sur un carton. Roy Lichtenstein précise les tracés, pose des papiers colorés aux endroits ad hoc. Il photographie ce deuxième dessin préparatoire et projette la diapositive sur la toile à l’échelle du tableau. Il retravaille encore les tracés avant d’appliquer la peinture, zone par zone, à l’aide de caches. Pour peindre, il place ses tableaux sur un chevalet tournant, de biais ou à l’envers, pour mieux oublier le sujet et se concentrer sur la composition. L’artiste résume cette étape avec cette formule légèrement provocante : « évacuer le sujet, afin de réaliser un tableau qui fonctionne. » Il emploie une des premières peintures acryliques, le Magna, soluble dans l’essence de térébenthine, qui lui permet de faire des modifications sans laisser de traces. Les points sont réalisés au moyen de pochoirs, le plus souvent à l’huile. Les rayures sont peintes à la main, ou avec l’aide à de ruban adhésif. Roy Lichtenstein privilégie une palette de « couleurs de supermarché » artificielles et criardes limitée à quatre tons mariés au noir et au blanc – un jaune citron, un bleu outremer, un rouge cerise et plus rarement un vert –, chacun associé de manière systématique et littérale à un motif : le bleu pour le ciel, les points rouges pour la peau.

Toiles et plastiques

Les supports ont également toute l’attention de Roy Lichtenstein. L’artiste expérimente différents matériaux et techniques, dont l’émail, qui lui rappelle la surface brillante des réfrigérateurs ou des plaques de stations de métro. Il utilise aussi plusieurs sortes de plastiques, comme le Plexiglas, le Mylar ou encore le Rowlux, du nom de l’entreprise Rowland Products qui le fabrique pour revêtir des panneaux de signalisation urbains. La surface moirée de ce matériau crée des effets d’optique en 3D que Lichtenstein a l’idée d’employer pour représenter des ciels changeants ou des mers agitées…

Cette vidéo (en anglais) réalisée par la Tate Gallery montre de nombreux extraits de l’artiste au travail.

In a few words :
The Centre Pompidou in Paris presents a retrospective of Roy Lichtenstein’s work, featuring a selection of 124 paintings, sculptures and prints. Behind the simplicity of his patterns, the apparent ease of his realization, there is an awesome preparatory work. Roy Lichtenstein realized many sketches in colored pencil before making a project on cardboard with pieces of colored papers. He photographed this model and projected the slide onto a large canvas to remake his painting. In this final step, he worked with stencils and tape, using a special rotating easel…

Match Anselm Kiefer : Ropac 2 — 0 Gagosian

Avec un certain panache, les galeries d’art internationales Thaddaeus Ropac et Gagosian Gallery ont ouvert il y a quelques semaines deux vastes espaces d’exposition en plein cœur de la Seine-Saint-Denis. Elles comptent y présenter des œuvres monumentales et compléter ainsi l’offre de leurs galeries parisiennes. Bizarrement, les deux marchands ont décidé d’inaugurer ces nouveaux lieux en montrant le même artiste, l’Allemand et résident français Anselm Kiefer. L’occasion était trop belle pour moi de comparer ces deux propositions. Qui gagnera le match de l’expo la plus réussie ?

Les espaces :

THADDAEUS ROPAC

La galerie a choisi d’installer son annexe à Pantin, à quelques kilomètres du périphérique. Je paramètre le GPS selon les conseils du site internet. C’est mal parti, le numéro indiqué n’existe pas ! J’en programme un autre, au plus proche. À l’arrivée, je tourne en rond dans le quartier. Mais finalement, en lisant mieux les instructions, je déniche le bâtiment, bien visible sur une artère à quatre voies. 
Pour son projet, la galerie a aménagé une ancienne chaudronnerie centenaire qui s’étend sur 4700 m2 et comprend cinq constructions. L’édifice principal tout en brique rouge a belle allure. Je pousse une grande porte métallique et découvre un vaste espace immaculé, composé de quatre nefs longilignes. Les plafonds culminent à une douzaine de mètres. Une douce lumière zénithale éclaire les lieux. L’ambiance est chaleureuse. Les visiteurs sont nombreux en ce samedi d’hiver. Ils photographient les œuvres, déambulent avec les notices explicatives… On se croirait dans un musée.

GAGOSIAN GALLERY

La galerie se trouve dans la zone d’affaires de l’aéroport du Bourget. Bien pratique pour les riches collectionneurs qui atterrissent en avion privé ! Un peu moins pour le péquin qui déboule en véhicule léger. Devant l’entrée de l’aéroport, aucune indication pour la galerie. Je tourne à gauche. Mauvaise pioche ! Après avoir erré du côté du parc des expositions, demandé mon chemin aux hôtesses du Musée de l’Air, je retourne sur mes pas et me dirige cette fois-ci à droite. Des bannières bleu marine très chics me conduisent vers la galerie aménagée par l’architecte Jean Nouvel dans un ancien hangar à avion des années cinquante.
 Pour entrer, il faut montrer patte blanche. Je sonne à l’interphone. Un vigile m’ouvre une lourde porte métallique. Quelques pas et j’accède à la salle principale : un quadrilatère entouré de murs aveugles. Derrière ces murs, de longs couloirs vides. Presque par hasard, en déambulant dans ce labyrinthe, je découvre deux autres salles d’exposition aux dimensions plus modestes. Le contraste est grand avec la galerie Thaddaeus Ropac. Ici, la toiture en dents de scie diffuse une lumière grise, les murs rapetissent l’espace. Il n’y a pas de visiteurs. Bref, je ressens une impression de tristesse et de solitude.

1ère mi-temps : Ropac 1 — 0 Gagosian

L’exposition :

THADDAEUS ROPAC

Anselm Kiefer aurait créé ses œuvres en fonction des lieux. L’exposition s’intitule « Die Ungeborenen », les non-nés. Elle réunit un ensemble de toiles et de sculptures monumentales se référant à des mythes et iconographies sur les thèmes de la naissance, de l’origine, de la création, mais aussi du rejet de la vie. Dans la première salle, une installation superbe associe machine d’imprimerie et fleurs géantes de tournesol.

Dans les autres salles, des tableaux magistraux intègrent des éléments de l’univers réel : aile d’avion, chaises métalliques, balance en plomb. Les dimensions sont impressionnantes, la touche pâteuse, sombre, torturée. Les ocres, les bruns et les noirs s’illuminent parfois d’une nuance d’or, de vert-de-gris… L’accrochage aéré, l’architecture élancée permettent aux peintures de ne pas écraser le spectateur de leur présence. L’ancienne chaudronnerie se révèle un bel écrin pour les œuvres ambitieuses de Kiefer.

GAGOSIAN GALLERY

Le titre de l’exposition, Morgenthau plan, fait référence au plan proposé en 1944 par l’ancien secrétaire au Trésor, Henry Morgenthau, visant à transformer l’Allemagne en un état préindustriel et agricole et ainsi à limiter ses possibilités à se remilitariser. L’artiste retranscrit cette idée de manière plastique par une installation occupant tout l’espace central. Des grilles métalliques enserrent un champ de blé qui semble avoir été soufflé par le vent. Peut-être est-ce dû au lieu et à l’absence de recul, mais cette évocation ne m’a pas convaincue. Elle manque de force.

Dans les deux salles adjacentes, de grands tableaux de fleurs avec toujours cette touche généreuse et empâtée qui caractérise l’artiste. Des couleurs inhabituelles, roses et bleus tendres, font leur apparition et donnent un aspect presque apaisé aux toiles. Celles-ci, du coup, semblent déconnectées du thème central. Même si l’artiste justifie ainsi cette confrontation dans une lettre à Richard Calvocoressi, directeur de la Fondation Henri Moore : « J’ai peint des tableaux de fleurs toute l’année durant. Elles provenaient de Barjac où je les avais semées. Des fleurs rouges, jaunes et bleues. On est toujours ravi de voir des fleurs. Elles sont belles. En art, la beauté n’a pas besoin de justifications. L’art ne laisse pas le beau seul. La beauté nécessite quelque chose en face d’elle. »

2e mi-temps : Ropac 1 —0 Gagosian. Ropac vainqueur du match 2 à 0 !

Infos pratiques

Anselm Kiefer, Die ungeborenen (Les non-nés), galerie Thaddaeus Ropac, 69, avenue du Général Leclerc, 93500 Pantin. Mardi-Samedi, 10 h-19 h. Tél. : 01 55 89 01 10. Jusqu’au 23 février 2013.

Anselm Kiefer, Morgenthau plan, Gagosian Gallery, 800 avenue de l’Europe, 93350 Le Bourget. Vendredi et samedi 11 h-19 h. Tél. : 01 48 16 16 47. Jusqu’au 16 mars.

Photos V.A.

Toiles à la Fiac

Un petit tour à la Fiac comme chaque année… Cette nouvelle cuvée possède un arôme sage et minimaliste. Moins d’œuvres trash ou provocantes. Comme s’il ne fallait pas effrayer les acheteurs potentiels, ne pas leur rappeler les dures réalités de la crise, éviter l’ostentatoire et le bling-bling. Les stars de la foire se nomment, entre autres, Lucio Fontana, Ugo Rondinone, Anish Kapoor… Côté peinture, la tendance va vers l’abstraction, les monochromes. Mais on pouvait tout de même admirer quelques très belles toiles figuratives.

La galerie Eigen + Art présentait trois superbes huiles grand format du peintre français Marc Desgrandchamps, qui ont toutes été vendues et emportées avant la fin de la foire.

Marc Desgrandchamps, Sans titre, huile sur toile, triptyque, 200 x 450 cm (photo VA)

L’espace ainsi libéré a permis d’organiser un solo show de l’artiste allemand Tim Eitel. Ses œuvres montrent souvent des personnages solitaires, perdus ou méditatifs, au centre de vastes espaces géométriques, aux couleurs peintes en aplat.

Tim Eitel, "Architect", huile sur toile, 210 x 250 cm (Photo VA)

La galerie Contemporary fine arts de Berlin présentait l’art des jumeaux Gert et Uwe Tobias, dont les compositions audacieuses ne sont pas sans rappeler Miro ou  le constructivisme russe.

Gert & Uwe Tobias, Sans titre, gravure sur bois imprimée sur toile, 200 x 600 cm (photo VA)

La galerie Daniel Templon exposait un portrait du New-Yorkais Kehinde Wiley, dont les oeuvres jouent notamment sur la confrontation entre histoire de l’art, culture noire, art de la rue.

Kehinde Wiley, "Romaine Munroe", huile sur toile, 183 x 153 cm (photo VA)

La FIAC, c’est jusqu’au 21 octobre 2012, de midi à 20 heures au Grand Palais à Paris. Plusieurs lieux dans la capitale, comme le jardin des Tuileries, le Jardin des Plantes présentent des œuvres en accès libre.