Archives pour la catégorie Insolite

De Sagazan le performeur danse pour Mylène Farmer

Copie d'écran du clip "À l'ombre" de Mylène Farmer avec Olivier de Sagazan.

À l’ombre, le dernier clip de la chanteuse Mylène Farmer a été présenté en grande pompe par les chaînes de télévision… Il cultive l’esthétisme de conte de fées cruel et noir cher à la diva. Mais quel rapport, me direz-vous, avec l’art contemporain ?  Dans ce clip, un personnage étrange se recouvre la figure d’une épaisse couche d’argile grise. Tel un clown tragique, il étale de la peinture noire ou rouge sur ses yeux, sur sa bouche. Il efface aussitôt ses tracés dans un mouvement frénétique. Puis à pleine main, il déforme son visage terreux. L’impression de malaise est forte. Cette défiguration est une création d’Olivier de Sagazan, artiste performeur, sculpteur et peintre. Celui-ci développe un univers très personnel dans la lignée des expressionnistes ou de Francis Bacon. L’artiste explore différentes techniques pour interroger notre rapport au corps, à la souffrance, à la folie… Certains n’aimeront pas la crudité, la violence de ces œuvres dérangeantes. Mais du malaise naît la fascination. L’humanité fragile palpite sous la glaise.

Peinture d'Olivier de Sagazan.

Pour en savoir plus :
Olivier de Sagazan est représenté par la galerie Marie Vitoux à Paris. Vous pourrez y découvrir ses peintures et sculptures. Pour connaître les dates des prochaines performances et expositions de l’artiste, rendez-vous sur son site personnel, la nef des fous. Pour chanter sur le clip de Mylène Farmer, c’est ici.

En bonus, une performance en vidéo :

Olivier de Sagazan-EXTRAIT II from sacha krasicka on Vimeo.

 

 

 

Le coup de gomme de Hajdu Bence

Les œuvres de hAJDU bENCE ont des allures de films catastrophe. Dans des décors grandioses, plus aucune âme qui vive. Les habitants des lieux semblent avoir fui précipitamment, laissant la table mise ou bien leurs bateaux chargés à quai. Mais à y regarder de plus près, les scènes semblent familières. Ne dirait-on pas un Léonard de Vinci ? Un Fra Angelico ? Et bien oui, vous êtes très perspicace !

Le coupable de ces pastiches numériques est un jeune étudiant hongrois en beaux-arts. Il s’est amusé à gommer sur son ordinateur les personnages de célèbres peintures classiques. En y ajoutant parfois une touche d’humour. C’est plutôt réussi. Le décor n’en est plus un, il vole la vedette à tous les saints et apôtres qui foulaient son sol.

hAJDU bENCE, série "Abandoned painting", d'après "L'Annonciation" de Sandro Botticelli

Vous pouvez voir d’autres montages sur son site internet et sur sa page facebook.

 

Art brut à l’école

Toutes les photos sont de Nicolas Krief, The museum of Everything, 2012

Il était une fois une école abandonnée en plein cœur de Paris… Pour y pénétrer, il faut traverser la cour, grimper par l’escalier de secours jusqu’au dernier étage. Légère  impression de vertige. Une petite porte, un rideau de bandes de plastique rouge. Nous voilà dans l’antre d’un lieu culturel éphémère accueillant une exposition atypique. Il s’agit d’une sélection d’œuvres des arts alternatifs provenant du « Museum of everything », un musée itinérant créé par l’anglais James Brett. Dans les salles de l’école restées dans leur jus, avec leurs peintures défraîchies, leurs courants d’air, des œuvres sont accrochées un peu partout. Impression de jeu de piste. Retour en enfance.

La première salle présente les œuvres d’Henri Darger. Dans le secret de son appartement, cet artiste américain (1892-1973) a imaginé pendant des années l’histoire d’une communauté de petites filles-garçons aux prises avec des armées de méchants adultes. N’ayant jamais appris l’art du dessin, l’artiste décalquait des images dans les magazines et les catalogues, et les reportait avec du papier carbone. Il coloriait ces images à l’aquarelle. Il a ainsi rédigé une saga de quinze mille pages accompagnées de plusieurs centaines d’aquarelles. Magnifique et dérangeant.

En descendant l’escalier aux marches de bois usées, à l’étage inférieur, on découvre l’univers foisonnant de Willem Van Genk (1927-2005). Cet artiste invente des paysages urbains très élaborés, en mêlant dessin, peinture, découpage, collage… Il construit également des maquettes d’autobus faites de cartons, de bouts de boîtes de conserve et autres matériaux hétéroclites. La fragilité de ces constructions, leurs multiples détails émeuvent et intriguent.

Parmi les 500 œuvres exposées, un autre univers arrête le regard. Sur un pan de mur entier, sont exposées une centaine de petites aquarelles, mêlant textes et portraits. Elles sont de la main de Josef Karl Radler (1844-1977). Cet ancien peintre sur porcelaine viennois est hospitalisé à la quarantaine pour schizophrénie. Il se met alors à dessiner de manière intensive, surtout des scènes liées à son environnement hospitalier, des portraits de patients. Nous partageons ainsi son intimité, nous nous confrontons directement à la maladie mentale.

L’exposition « The museum of everything » se tient jusqu’au 24 février 2013 du mercredi au dimanche de 11 heures 30 à 20 heures, au 14 boulevard Raspail à Paris. Elle sera même ouverte à Noël et le Jour de l’An. L’exposition est présentée par la « Chalet society ». Cette toute nouvelle structure a été créée  par Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais de Tokyo, elle se définit comme un « centre de recherche et d’expérimentation, un espace d’exposition, de partage, de convivialité et de transmission, un laboratoire de réflexion, et un lieu de vie ambulant. » En fonction de ses projets, la « Chalet society » investira des lieux divers.

Et vous, avez-vous visité cette exposition ? Quels sont vos artistes favoris ?

Sculptures sous-marines

Jason deCaires Taylor, "Silent Evolution", MUSA Collection, Cancun/Isla Mujeres, Mexico.

Connaissez-vous le travail du sculpteur anglais Jason deCaires Taylor ? Celui-ci a eu l’idée un peu folle de créer un parc de sculptures sous-marines dans les eaux chaudes des Caraïbes. Ses œuvres (en béton au pH neutre) sont des moulages réalisés à partir de modèles vivants. Une fois dans l’eau, elles évoluent lentement, colonisées par le corail, les algues, les coquillages. Avec pour objectif, de contribuer au redéveloppement du massif coralien ! Une belle idée, non ?

Jeu des sept erreurs

Voici deux versions de La Joconde, célèbre portrait de Léonard de Vinci, toutes certifiées authentiques. L’une serait la première copie d’époque réalisée par un membre de l’atelier du maître, l’autre serait une version antérieure peinte par l’artiste lui-même, son modèle étant dix ans plus jeune. Saurez-vous reconnaître l’original parmi ces trois images ? Dans quel musée ou chez quel collectionneur (avisé) sera retrouvée la prochaine Joconde ?

 

Géants !

Mais que fait ce portrait de nouveau-né sur la façade de la Comédie Française à Paris ? La vénérable institution ferait-elle campagne pour encourager la natalité ? Et bien vous n’y êtes pas du tout ! Ce portrait fait partie d’un projet artistique, intitulé Êtres aimés, monté par plusieurs associations culturelles, les pouvoirs locaux. L’objectif est de créer grâce à l’art une passerelle entre les habitants d’un quartier et leur environnement urbain. La première édition a eu lieu en 2011 dans le sixième arrondissement à Paris. Cette fois-ci, la manifestation se déroule dans le premier arrondissement. Les habitants ont été sollicités pour désigner des personnes remarquables, quoiqu’anonymes, de leur communauté. Après sélection, pendant une semaine, quatre artistes réalisent le portrait géant des heureux élus en utilisant les façades de la ville comme toile. Ces portraits seront inaugurés le 22 septembre et resteront en place jusqu’à la fin décembre. Les curieux peuvent connaître l’emplacement de ces peintures en allant sur le site internet de l’événement. Un blog relate le making-off de cette opération et montre la réalisation de ces œuvres d’un format hors du commun !

Peinture de Axel Void, visible Place Colette à Paris. Photos V.A.

 

Pour découvrir les coulisses :