Archives pour la catégorie Musée

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Carnet de guerre d’Alexandra Chauchereau

L’artiste Alexandra Chauchereau a conçu une exposition de peintures inspirées du carnet de guerre de son grand-père, découvert dans une valise soigneusement rangée par sa grand-mère. Cette exposition a été montrée en mars 2018 à la mairie de Boulogne-Billancourt. Cet automne, l’artiste présentera son travail au Mans et à Pont-à-Mousson. Cimaises-le blog l’a interviewée pour qu’elle nous explique son travail.

Prochaines expositions :

Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson (54700) du 12 octobre au 16 décembre 2018.

Hôtel de ville du Mans (72000) du 2 novembre au 13 novembre inclus.

Pavillon Monod au Mans (72000) du 16 novembre au 29 novembre 2018

Oeuvre en-tête :

Alexandra Chauchereau, « Sommes partis », huile sur toile, 81 x116 cm, 2017.

L’artiste à l’exposition « Carnet de guerre » à la mairie de Boulogne-Billancourt

Loup y es-tu ?

Il se passe d’étranges choses dans le château de Maisons-Laffitte. Isolée à l’écart du centre-ville, la bâtisse du 17e siècle semble endormie dans son parc à la française aux lignes bien ordonnées. Mais une fois le seuil franchi, on découvre des hôtes inhabituels installés au milieu des marbres, des lambris et des tentures précieuses : loups harnachés, enfants oiseaux, cygnes de poussière… Pour la cinquième année consécutive, les lieux accueillent une exposition d’art contemporain. Celle-ci réunit une trentaine d’artistes qui explorent le thème de l’animalité et de la nature.  Amélie Adamo, la commissaire de l’exposition, explique : « Mêlant peinture, sculptures, dessins, gravures et installations, les œuvres présentées, qu’elles soient réalisées spécialement pour le lieu ou choisies pour l’exposition ont toutes une forte résonance avec le château et son histoire. (…) Par la forêt de Saint-Germain-en-Laye et la tradition de la chasse, par son hippodrome, par l’iconographie du château au bestiaire foisonnant, cette histoire est marquée par la présence de l’animal et de la nature (…) Entre mémoire et présent, réel et imaginaire, tel un loup pénétrant dans l’intérieur, chaque œuvre happe le spectateur dans un temps suspendu et l’invite à un voyage introspectif et poétique, fait de féérie, d’étrangeté, de troubles. » La confrontation des œuvres contemporaines, parfois mises en évidence, parfois fondues dans le décor, avec l’atmosphère suranné du château fait merveille. La sélection donne la part belle aux jeunes artistes (émergents ou déjà célèbres) aux univers dérangeants, où la beauté s’allie parfois à l’effroi. C’est une exposition, surprenante, riche et foisonnante qu’il faut aller voir !

Photos : Valérie Auriel

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Où et quand ?

Château de Maisons, 2 avenue Carnot, 78600 Maisons-Laffitte. Du 24/03/2018 au 25/06/2018. Ouvert tous les jours sauf le mardi. Jusqu’au 15 mai : 10h à 12h30 et 14h à 17h.  À partir du 16 mai : 10h à 12h30 et 14h à 18h.

www.chateau-maisons.fr ou facebook.com/chateaumaisons

Accès

En transports en commun :
RER ligne A, Train ligne L depuis Saint-Lazare : station Maisons-Laffitte
En voiture :
De Paris : souterrain direction Cergy-Pontoise, A 86, sortie Colombes ouest, Bezons direction Poissy par la N 192 puis la N 308

 

karmitz

Marin Karmitz à la Maison Rouge

La Maison Rouge poursuit son cycle d’expositions consacré aux collections privées. Après Artur Walther en 2015 et Bruno Decharme en 2014, c’est au tour de Marin Karmitz de dévoiler, pour la première fois, un ensemble important de sa collection, soit près de 400 œuvres qui interrogent notre manière d’être au monde. Cette collection, patiemment réalisée depuis une trentaine d’années, est la dernière réalisation et production de ce distributeur, producteur et réalisateur français. « Je n’ai toujours pas le sentiment qu’il s’agit d’une collection, ce sont plutôt pour moi des œuvres avec lesquelles je prends plaisir à vivre, et elles n’ont pas été acquises dans l’idée de collectionner. »

Il ne faut pas manquer cette exposition, car il n’y a aucune faute de goût dans la sélection de Marin Karmitz. Les œuvres présentées sont superbes. Le fil rouge est l’humain, la fragilité, l’ambigüité de la vie. La photographie en noir et blanc est particulièrement à l’honneur dans les choix du collectionneur, que l’on devine mélancolique, empathique et curieux. « Ce que je cherche sans m’en rendre compte dans la photographie et y retrouve souvent, c’est cette présence nocturne, c’est-à-dire la possibilité d’avoir un sujet et mille histoires, d’avoir une image et mille récits. C’est finalement ça qui me passionne dans la photographie, un personnage, un moment volé, et puis la possibilité de composer soi-même toutes les histoires que l’on veut autour de ce moment volé. J’aime depuis toujours les œuvres ouvertes, les œuvres qui n’imposent pas une vision du monde mais bien au contraire ouvrent sur une vision du monde, une proposition, et c’est au spectateur, au regardeur d’apporter son “manger”. »

La sélection du blog :

Infos pratiques :

« Étranger résident, la collection Marin Karmitz », exposition du 15 octobre 2017 au 21 janvier 2018

La Maison Rouge, Fondation Antoine De Galbert, 10 bd de la Bastille, 75012 Paris. http://www.lamaisonrouge.org

Cy Twombly, les secrets de sa technique

Le Centre Pompidou organise la première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly en Europe. Une exposition d’une ampleur inédite, présentée uniquement à Paris, qui rassemble des prêts exceptionnels, venant de collections publiques et privées du monde entier. L’événement retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies permettant d’appréhender toute la richesse de son œuvre. Le blog vous livre quelques pistes pour mieux comprendre l’art de Cy Twombly et sa façon de travailler.

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Coronation of Sesostris, 2000 Part V : Acrylique, crayon à la cire, mine de plomb sur toile 206,1 x 156,5 cm Pinault Collection © Cy Twombly Foundation, courtesy Pinault Collection

Au-delà de l’apparente facilité du geste, l’œuvre de Cy Twombly est celle d’un érudit. Derrière les traits griffonnés, les mots gribouillés, l’artiste multiplie les références mythologiques, symboliques et historiques. Dans la série « Coronation of Sesostris », il évoque la course du dieu égyptien Râ qui traverse le ciel à bord de sa barque solaire du crépuscule à l’aube. Il entremêle les références au pharaon Sésostris Ier, aux poètes antiques Sappho et Alcman ainsi qu’à la poétesse contemporaine Patricia Waters. Mais parfois il glisse des allusions beaucoup plus triviales dans ses œuvres. Ainsi, la toile intitulée Apollo désigne le théâtre de l’Apollo à Harlem où Cy Twombly allait danser avec sa femme.

L’artiste aime varier les techniques et les supports. Il dessine, peint, réalise des collages. Il utilise, en les mixant, de la peinture industrielle, de l’huile, de l’acrylique, des crayons de couleur, des pastels à l’huile, des crayons à la cire, de la mine de plomb… Il confie cependant que l’huile n’est pas sa technique favorite, car elle sèche trop lentement. Il ne peut revenir sur ses tracés encore humides, sans prendre le risque de les gâcher. Il préfère le travail avec les crayons, qui lui permet d’écrire, de dessiner, d’avoir un geste rapide.

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Summer Madness, 1990 Acrylique, huile, crayon de couleur, mine de plomb sur papier monté sur panneau de bois 150 x 126 cm Udo et Anette Brandhorst Collection © Cy Twombly Foundation

Cy Twombly ne se force pas à peindre et peut ignorer son atelier pendant des jours. Il ne s’y rend que si l’inspiration est là. À l’atelier, il a besoin d’être concentré sur sa création, sans être gêné par des interférences. Mais il n’est pas tout le temps devant sa toile. Il prend du temps pour réfléchir aux motifs de ses œuvres. Il se lance après cette longue préparation émotive quand tout est planifié dans sa tête. Il privilégie la spontanéité du trait. Autrefois, il a pu peindre dans le noir. Pour les grands formats, il dessine cependant des croquis préparatoires. Quand il peint, Cy Twombly ne pense ni à la composition, ni aux couleurs, mais uniquement à l’urgence de la création.

Cy Twombly ne prépare pas ses châssis à l’avance car le format et la taille dépendent du sujet. De nombreuses œuvres font deux mètres de large, ce qui correspond à la largeur des rouleaux de toile. L’artiste aime travailler sur plusieurs peintures en même temps réparties dans tout l’atelier. Il passe de l’une à l’autre, en se nourrissant de l’énergie de chacune… Il travaille ainsi beaucoup par séries.

Sans titre (Lexington), 2004 Bois, vis, corde, toile à sac, plâtre, peinture à la résine synthétique 206,5 x 44,5 x 45 cm Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Sammlung Udo and Anette Brandhorst
Sans titre (Lexington), 2004. Bois, vis, corde, toile à sac, plâtre, peinture à la résine synthétique. 206,5 x 44,5 x 45 cm. Cy Twombly Foundation
© Cy Twombly Foundation, courtesy Sammlung Udo and Anette Brandhorst

L’artiste sculpte également. L’exposition de Beaubourg montre une très belle sélection de sculptures. Constituées d’éléments disparates, ces sculptures peuvent être qualifiées d’assemblages et d’hybridations. Élaborées à partir d’objets trouvés (morceaux de bois, fiches électriques, cartons, fragments de métal, fleurs séchées ou artificielles), ces combinaisons de formes brutes sont unifiées par un mince revêtement de plâtre. Le blanc dont elles sont badigeonnées fait naître à leur surface de subtiles nuances. Il accroche la lumière et leur octroie une apparence spectrale. Cy Twombly dit ainsi : « La peinture blanche est mon marbre ».

Quelques citations de l’artiste :

« Chaque trait est habité de sa propre histoire, dont il est l’expérience présente ; il n’explique pas, il est l’événement de sa propre matérialisation. »

« J’ai davantage le sentiment de vivre une expérience que de faire un tableau. »

 

Infos pratiques :

Cy Twombly, 30 novembre 2016 — 24 avril 2017, Centre Pompidou, Paris. www.centrepompidou.fr

Les informations sur la technique de l’artiste sont en partie issues d’interviews publiées sur son site internet. http://cytwombly.info/twombly_writings1.htm

Œuvre en-tête

Untitled (Bacchus) (détail), 2005, acrylique sur toile, 317,5 x 417,8 cm. Udo et Anette Brandhorst Collection © Cy Twombly Foundation

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Les machines de Gilbert Peyre

Gilbert Peyre expose ses machines extravagantes, inventives, poétiques à la Halle Saint-Pierre à Paris. Le blog vous fait découvrir quelques instants les sculptures de bric et de broc de cet artiste électromécanomaniaque. Avec quelques éléments récupérés dans les poubelles, chez Emmaüs, et beaucoup d’ingéniosité, Gilbert Peyre crée un monde mystérieux et parfois dérangeant.


Gilbert Peyre à la Halle Saint-Pierre par cimaises-leblog

Infos

Gilbert PEYRE, L’électromécanomaniaque, du 16 septembre 2016 au 26 février 2017. Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard,75018 Paris. Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89

www.hallesaintpierre.org

Photo en tête :  Gilbert Peyre, BêteMachine, 1997-2016, électropneumatique (détail)

 

Contre-culture à la Halle-Saint-Pierre

Hey ! Viens voir ! Tel pourrait être le titre de cette exposition. La Halle Saint-Pierre nous offre une plongée dans le monde de la création contemporaine alternative. Cette excursion, loin des clichés de l’art conceptuel, secoue, ravit et épouvante (au choix). Elle a été organisée par la revue HEY! Modern art & Pop culture, qui investit pour la troisième fois ce musée parisien et nous fait découvrir les différentes expressions artistiques de la contre-culture : lowbrow art (un mouvement américain issu de la Pop surréaliste), art outsider, bande dessinée… Anne et Julien les deux fondateurs de la revue affirment ainsi : « Avec ces trois expositions HEY! et pour la première fois en Europe, nous avons ouvert une boite de Pandore, notre geste soulignant la future explosion des arts figuratifs défendus dans notre revue depuis 2010. » Une cinquante d’artistes, peintres ou sculpteurs, venus du monde entier montrent que l’imagination n’est pas morte, que l’originalité ne connaît pas de limites, même si bien souvent on frôle le trash ou le kitch. Si les œuvres présentées sont très variées dans leur mode d’expression, l’étrangeté, l’obsession, la beauté formelle les relient dans une sorte de fil rouge. L’intérêt de cette exposition est de renverser l’ordre établi du bon goût et de la reconnaissance du marché.

Voici une sélection des artistes (surtout des sculpteurs) qui m’ont le plus fascinée :

Claire Partington et ses céramiques contemporaines

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Claire Partington, « Hare & Hound », 2015 (détail). 65 cm x 47 cm x 25 cm.

Hervé Bohnert et ses crânes en dentelle, son cabinet de curiosité

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Hervé Bonhert, Dentelles, napperon amidonné

Marion Peck et ses peintures d’enfants bizarres

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Marion Peck, « Sleepwalk », huile sur toile – 2009. 60,96 x 76,2 cm. Collection privée.

Xooang Choi et ses rêveurs

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Choi Xooang, « The Dreamer Blue », huile et acrylique sur résine – 2007. 36 x 31 x 76 cm, édition 2/3. Collection Particulière (Paris) – Photographie © Graywall.

Benoît Huot et ses animaux naturalisés magnifiés

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Benoît Huot, « Couple de hiboux », technique mixte – 2011. Courtesy Galerie Eva Hober – Photographie © Y.Petit.

Infos pratiques

HEY! modern art & pop culture / Act III, du 18 septembre 2015 au 13 mars 2016, Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard 75018 Paris.

Les liens

www.hallesaintpierre.org/

clairepartington.co.uk

hervebohnert.com

www.marionpeck.com

www.facebook.com/xooang.choi

www.evahober.com/?item=benoit-huot