Archives du mot-clé Street art

rabier nowart dali

Dali et les street artistes

L’Espace Dali à Paris a eu l’idée originale d’inviter une vingtaine d’artistes urbains dans une exposition où les créations d’aujourd’hui dialoguent avec celles du maître catalan. Chacun des artistes contemporains a créé une œuvre qui ose confronter l’univers surréaliste aux codes de l’art urbain : peinture, pochoir, dessin, lumière, son, installation. Lors du vernissage de l’exposition, sous un beau soleil de fin d’été, une dizaine d’artistes ont réalisé une fresque murale en face du musée. Ils témoignaient ainsi de la vitalité, de la richesse du street art. Cimaises-le blog a fixé ce petit moment de couleurs et de créativité.


Street art à l’Espace Dali par cimaises-leblog

œuvre en-tête :

Arnaud Rabier « Nowart », « Dali fait le mur », aérosol marqueur, 89 x 116 cm, 2014

Infos pratiques :

Exposition « Dali fait le mur » du 11 septembre 2014 au 15 mars 2015. Espace Dali11 rue de Poulbot, 75018 Paris. Avec Akiza, Artiste Ouvrier, Fred Calmets, Codex Urbanus, Hadrien Durand-Baïssas, Jadikan, Jérôme Mesnager, Les King’s Queer, Kool Koor, Kouka, Levalet, Thomas Mainardi, Manser, Nikodem, Nowart, Paella, Pioc PPC, Sack, Speedy Graphito, Valeria Attinelli, Zokatos.

 

street art 13bis

Street art au Fort d’Aubervilliers

Derniers jours pour visiter In Situ Art Festival, une exposition originale de Street Art organisé au Fort d’Aubervilliers en périphérie de Paris. Cette friche industrielle qui a accueilli des bâtiments militaires puis une casse automobile va être bientôt rasée pour faire place à un écoquartier. Olivier Landes, créateur de l’association Art en Ville a proposé à l’aménageur d’organiser une exposition temporaire de Street Art. « Lorsque j’ai visité pour la première fois le Fort d’Aubervilliers, à l’automne 2013, j’ai immédiatement été interpellé par son atmosphère unique, à la fois industrielle, historique, naturelle, délaissée. C’est un lieu hors du commun, situé à moins de deux kilomètres du périphérique, une véritable pépite. »

Une cinquantaine d’artistes, pointures internationales ou talents émergents, se sont approprié les deux hectares des lieux, peignant sur les murs, le sol, les épaves de voitures, les palissades en tôle. « Les artistes ont besoin de liberté pour créer et s’épanouir dans un projet. Je les connais bien, je n’ai pas voulu les brider. Je leur ai communiqué l’histoire du lieu, expliqué le moment présent si particulier que traverse le Fort au printemps 2014. L’idée est de s’inspirer de ce lieu, de son atmosphère, de sa trajectoire historique passée et future. Ils sont donc invités à intervenir librement sur le thème de la transition. » Le résultat, soixante œuvres inédites d’artistes aux techniques et inspirations très variés signées Jef AerosolGérard ZlotykamienSixo SantosMichaël Beerens et bien d’autres…

Pour vous donner un avant-goût de votre visite, voici un petit diaporama des lieux (Photos VA-Cimaises le blog).

 

POUR S’Y RENDRE :

L’expo est visible jusqu’au 27 juillet. L’entrée est libre les samedi et dimanche de 14 h à 19 h 30. Pour sa dernière semaine, le festival sera exceptionnellement ouvert mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 juillet, de 14 h à 20 h. LIEU : Le Fort d’Aubervilliers 174, Avenue Jean Jaurès, 93300 Aubervilliers.
Oeuvre en-tête article : treize bis

barter chen zhen

Promenade dans les galeries parisiennes avec le club Barter

Franchir la porte d’une galerie d’art, affronter son univers feutré sans en connaître toujours les codes est souvent très intimidant. Mais le Barter Art Club, un nouveau service de conciergerie d’art, aide à briser la glace. Il souhaite offrir à ses membres « une nouvelle expérience de l’art » plus chaleureuse, avec au programme, visites d’expositions en petit groupe, soirées privées dans des galeries, sélection d’œuvres proposées à la vente que l’acheteur peut « tester » pendant plusieurs semaines.

Toilettes chinoises de Chen Zhen

barter chen zhen
Chen Zhen, “Round Table – Side by Side”, 1997. Bois, métal, chaises, 180 x 630 x 450 cm. Photo VA.

Un samedi d’avril, je suis conviée à participer à une visite organisée par le Barter club dans les galeries du Marais à Paris. Élodie Le Dan est notre guide. Issue d’une famille de collectionneurs, la jeune femme a notamment travaillé durant quatre ans au département des estampes de la célèbre maison de vente Christie’ s à Paris. « Pour notre parcours, j’ai sélectionné quatre galeries très différentes, explique-t-elle, certaines fort célèbres, d’autres émergentes sur le marché de l’art. » La visite commence par la galerie Perrotin, créée il y a vingt-cinq ans par Emmanuel Perrotin, un galeriste atypique qui a révélé en France des artistes comme Maurizio Cattelan ou Takashi Murakami. La galerie accueille sur ses deux niveaux une exposition rétrospective du Chinois Chen Zhen, décédé en 2000. On peut découvrir une vingtaine d’installations majeures et une œuvre imaginée par Chen Zhen en 1996, réalisée après sa disparition, « Le bureau de change ». Dans des toilettes publiques en bois grandeur nature, un panneau Banque de Chine est placardé sur les murs. Les espaces des hommes et des femmes communiquent en toute transparence. Dans les rigoles, des centaines de pièces de monnaie brillent dans l’eau. Celui qui voudra les récupérer se salira les mains. Question des membres du parcours : qui peut bien acheter une telle œuvre monumentale ? L’une des salariées de la galerie nous confie qu’il s’agit d’institutionnels ou d’importants collectionneurs privés. Il faut dire que les prix ne sont pas vraiment abordables. « Round Table — Side by Side », l’une des installations de l’exposition, composée de deux grandes tables dans lesquelles sont imbriquées des chaises chinoises et occidentales, est proposée à 1,5 million d’euros ! Mais oublions ces considérations commerciales pour mieux regarder les œuvres. Contrairement à nombre d’installations contemporaines, les créations de Chen Zhen ont une force intemporelle, car elles évoquent des thématiques sociales, économiques toujours actuelles ou font appel à l’émotion. La plupart sont empreintes du choc des cultures éprouvé par l’artiste à son arrivée en France en 1986. D’autres dénoncent la course de la société chinoise vers l’économie de marché. Enfin, quelques œuvres font référence à l’histoire intime de l’artiste. Atteint d’une maladie irréversible déclarée dès la fin des années 80, Chen Zhen interroge la question de la maladie et de la médecine, en restant toujours pudique.

Tags à l’huile de JonOne

Peinture de JonOne à la galerie Rabouan Moussion
Peinture de JonOne à la galerie Rabouan Moussion. Photo VA.

Quelques rues plus loin à la galerie Rabouan Moussion, nous découvrons un tout autre univers : le street art de l’artiste américain JonOne. Pour la première fois, JonOne présente des œuvres sur toile peinte à l’huile, un médium à l’opposé des techniques habituelles des tagueurs, qui préfèrent l’acrylique en aérosol pour sa rapidité de séchage. « Aujourd’hui, le street art est devenu un art reconnu que l’on accroche dans son salon, souligne Élodie Le Dan, il connaît une forme d’embourgeoisement. Les artistes passent de la rue aux cimaises des galeries. » L’une des caractéristiques de l’art de JonOne est une déclinaison de sa signature sur toute la surface de la toile, en une calligraphie joyeuse et colorée. Dans son dossier de presse, l’artiste confie : « Je ne vois plus le tag, il va vers de la pure abstraction. Il a été mon ticket d’entrée vers la peinture à l’huile, et maintenant ma signature devient quelque chose de purement gestuel. » Dans ses derniers travaux, JonOne expérimente le jeu des matières avec du sable et de la colle, qui lui donnent une belle surface accidentée, invitation à la caresse. Le passage du mur à la toile est une réussite. Question prix, les peintures vont de 4 800 euros à 50 000 euros. Et pour les amateurs fauchés, la galerie propose des petites œuvres uniques encadrées à 300 euros.

L’œuvre au noir d’Audrey Casalis

barter audrey casalis
Audrey Casalis, Série Insomnie, sans titre 1, 2013, Pierre noire sur papier, 35 x 27 cm.

Après cette visite, nous nous rendons à la Galerie Particulière, située dans un grand loft immaculé à l’éclairage zénithal. Avec une certaine audace, la galerie a choisi de miser sur une inconnue. Elle offre sa première exposition à une jeune artiste fraîchement diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, Audrey Casalis. « L’artiste nous a envoyé un dossier par mail, explique Audrey Bazin, l’une des responsables des lieux. Nous recevons beaucoup de candidatures, mais je prends toujours le temps de les regarder. J’ai été séduite par son travail déjà très professionnel. À chaque fois que j’y revenais, j’avais le même sentiment. Nous avons donc décidé de lui donner sa chance. » Le dossier que l’artiste avait présenté était constitué de gravures miniatures, mais pour l’exposition, la galerie lui a demandé de réaliser des dessins dans le même esprit. Audrey Casalis a relevé le défi : elle a dessiné 70 œuvres en deux mois et demi, employant une technique ancienne, la pierre noire, qui lui a permis d’obtenir un beau noir opaque et velouté. Le fil conducteur de l’exposition est l’insomnie, avec ses solitudes, ses abandons, ses monstres nocturnes qui guettent. L’événement est un succès puisque de nombreux points rouges (ou plutôt noirs) accompagnent les œuvres. Pour acheter un dessin de cette jeune artiste à suivre, il faut débourser 600 euros.

Les guerriers de Kouka

barter kouka
Kouka, Pigmée dans la ville, 2014, 116 x 89 cm, acrylique et aérosol sur toile.

Nous terminons notre parcours par la galerie Taglialatella. Située à quelques pas du Carreau du Temple, dans une rue étroite, cette toute jeune galerie est spécialisée dans le Pop art et dispose d’un fonds de 500 œuvres issues de ce courant. Nadège Buffe, créatrice des lieux, nous accueille. « Nous organisons pour la première fois une exposition de Street art. Les deux mouvements ne sont pas si éloignés. Le Street art se veut un art éphémère, mais il a pour ambition d’être vu par le plus grand nombre. Il s’inscrit ainsi comme un art populaire et se rapproche à juste titre du Pop Art. » Accroché sur les murs de la petite galerie, des sérigraphies et lithographies des grands noms de l’art urbain : Bansky, Brainwash, Basquiat… Dans une salle de l’autre côté de la rue, le travail du street artiste contemporain Kouka est mis à l’honneur. « Kouka peint des guerriers Bantus sur les murs des villes. Ce guerrier symbolise l’homme au plus près de la nature, il représente l’essence de l’homme. Il rappelle que l’espace public, comme le monde, n’appartient à personne. » Comme JonOne, l’artiste est passé du mur à la toile pour peindre son thème de prédilection. Personnellement, je trouve qu’en changeant d’échelle et de support, le guerrier bantu perd un peu de sa force, de sa révolte…

Les guerriers de Kouka sonnent la fin de la visite. Notre balade a duré deux heures. Les échanges entre participants ont été intéressants et variés, notre guide d’une bonne humeur communicative. Il a été agréable de se laisser piloter, de confronter avec d’autres amateurs ses expériences de l’art contemporain, de pouvoir poser de nombreuses questions aux galeristes… Bref, ce fut un moment sympathique et enrichissant.

˜˜˜

Barter, kesako ?

Barter a été créé en 2012 par Philippe Lamy, ancien banquier. Peu familier avec le marché de l’art, il était perdu face à l’étendue de l’offre. Il a également fait le constat de la difficulté des galeries à toucher de nouveaux acheteurs. Il a donc décidé de créer un club privé haut de gamme pour faciliter la relation entre amateurs d’art et galeristes. Le public visé : avocats, chefs d’entreprise, consultants, architectes, professionnels des médias et de la finance… Pour entrer dans le club, l’abonnement de base est de 250 euros par an, sans compter la participation aux événements.

Pour en savoir plus : www.barter-paris.com

Le blog Culturez-vous était aussi présent pendant la visite, lisez ici son compte-rendu.

Image en-tête :  détail de l’installation « Zen garden » de Chen Zhen à la galerie Perrotin. Photo VA.

 

 

 

 

La street artiste Swoon pose ses valises à Paris

street art swoon
Une vue de l’exposition de Swoon, street artiste, à la Galerie LJ.

Swoon est une artiste de street art, née en 1977 aux États Unis. Dans ses œuvres, elle propose une vision engagée et humaniste du monde à travers le portrait des gens qu’elle rencontre et des villes qu’elle visite au cours de ses incessants voyages. Sa technique est très originale. Elle grave de grands portraits au trait fouillé sur linoléum puis les imprime sur du papier polyester (Mylar), du papier recyclé ou papier calque. Elle rehausse ces tirages de couleurs à l’acrylique, les assemble sous forme d’installations monumentales, en les associant à des papiers découpés tels de la dentelle. Les Parisiens ont la chance de pouvoir découvrir son travail à la Galerie LJ. Swoon a investi les deux étages des lieux qu’elle a entièrement recouverts de peinture, d’estampes et de papiers découpés. L’ensemble est magnifique, le visiteur progresse dans un labyrinthe graphique puissant et émouvant Des lumières éclairent parfois les œuvres à la manière des théâtres d’ombres asiatiques, renforçant leur effet visuel. Cette exposition s’intitule « Motherlands » (au pluriel). L’artiste y met en parallèle les exilés des catastrophes écologiques et la disparition de sa mère, morte d’un cancer pendant qu’elle préparait cette exposition.

Pour mieux connaître l’artiste, regardez cette vidéo réalisée pendant le montage de l’exposition :


SWOON IN ‘MOTHERLANDS’ par dailyverit

Infos pratiques :

L’exposition Motherlands a lieu jusqu’au 11 janvier 2014 à la galerie LJ, 12 rue Commines, 75003 Paris. La galerie sera fermée du 22 au 25 décembre puis du 29 décembre au 1er janvier.

Les chiens de Keith

L’une des forces de la peinture de Keith Haring tient dans son utilisation de symboles personnels à la fois simples et percutants. Mais l’artiste pionnier du street art ne donnait pas forcément une explication à ses œuvres, chacun devait pouvoir construire sa propre interprétation. Dans le répertoire de Keith Haring, le chien est un idéogramme récurrent. Ce chien mord, aboie, baise, est baisé… Pour cet artiste de rue, souvent confronté à la police, l’animal symbolise la violence, l’autorité, la répression de l’État et de ses représentants. Personnellement, j’y ai vu également une évocation d’une énergie sexuelle débridée que l’artiste assume et subit. Keith Haring mourra en effet du sida à 31 ans.

Avez-vous vu la belle exposition présentée par le Musée d’Art moderne de Paris ? Quelle est votre interprétation du bébé radiant, de l’homme à tête de crocodile et des autres symboles de l’artiste ?

In brief :
The strength of the Keith Haring’s art comes from its use of personal symbols, at once simple and strong. Dog is one of them. For the street artist often confronted with the police, this animal symbolizes violence, authority and the repressive state. But, for me, it evokes too an unbridled sexual energy that Keith Haring assumed and s
uffered. He died of AIDS at age 31.

 

Street artists

[brève]

SupaKitch & Koralie, courtesy Galerie LJ

Il ne reste que quelques jours pour voir le travail du duo des « street artists » SupaKitch & Koralie à la Galerie LJ à Paris. L’exposition se termine le 12 janvier.

Pour mieux connaître leur univers, voici une jolie vidéo montrant la réalisation d’un mur peint à Göteborg…