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Les secrets de la technique de Roy Lichtenstein

Cet été jusqu’au 7 novembre, le Centre Pompidou présente la première rétrospective en France du peintre américain Roy Lichtenstein (1923-1997). Cette figure emblématique du Pop art s’emparait d’images issues des comics et des réclames qu’il reportait sur la toile dans un code pictural personnel, auquel il restera fidèle tout au long de sa carrière. L’artiste reproduisait notamment les trames de l’impression offset, insistait sur les contours noirs, peignait par aplat avec les couleurs primaires… « Je veux que mon tableau ait l’air d’avoir été programmé. Je veux cacher la trace de ma main », disait ainsi Roy Lichtenstein. Mais derrière l’apparente facilité, la simplicité des motifs, se cache un travail imposant.

Les étapes de création

Roy Lichtenstein s’inspire d’une ou plusieurs de sources imprimées pour réaliser ses dessins préparatoires qu’il peaufine longuement pour les simplifier. Il commence à travailler au crayon de couleur et à la mine de plomb, en utilisant des calques qui lui permettent de tester différentes tonalités. Ce premier dessin est projeté à plus grande échelle sur un carton. Roy Lichtenstein précise les tracés, pose des papiers colorés aux endroits ad hoc. Il photographie ce deuxième dessin préparatoire et projette la diapositive sur la toile à l’échelle du tableau. Il retravaille encore les tracés avant d’appliquer la peinture, zone par zone, à l’aide de caches. Pour peindre, il place ses tableaux sur un chevalet tournant, de biais ou à l’envers, pour mieux oublier le sujet et se concentrer sur la composition. L’artiste résume cette étape avec cette formule légèrement provocante : « évacuer le sujet, afin de réaliser un tableau qui fonctionne. » Il emploie une des premières peintures acryliques, le Magna, soluble dans l’essence de térébenthine, qui lui permet de faire des modifications sans laisser de traces. Les points sont réalisés au moyen de pochoirs, le plus souvent à l’huile. Les rayures sont peintes à la main, ou avec l’aide à de ruban adhésif. Roy Lichtenstein privilégie une palette de « couleurs de supermarché » artificielles et criardes limitée à quatre tons mariés au noir et au blanc – un jaune citron, un bleu outremer, un rouge cerise et plus rarement un vert –, chacun associé de manière systématique et littérale à un motif : le bleu pour le ciel, les points rouges pour la peau.

Toiles et plastiques

Les supports ont également toute l’attention de Roy Lichtenstein. L’artiste expérimente différents matériaux et techniques, dont l’émail, qui lui rappelle la surface brillante des réfrigérateurs ou des plaques de stations de métro. Il utilise aussi plusieurs sortes de plastiques, comme le Plexiglas, le Mylar ou encore le Rowlux, du nom de l’entreprise Rowland Products qui le fabrique pour revêtir des panneaux de signalisation urbains. La surface moirée de ce matériau crée des effets d’optique en 3D que Lichtenstein a l’idée d’employer pour représenter des ciels changeants ou des mers agitées…

Cette vidéo (en anglais) réalisée par la Tate Gallery montre de nombreux extraits de l’artiste au travail.

In a few words :
The Centre Pompidou in Paris presents a retrospective of Roy Lichtenstein’s work, featuring a selection of 124 paintings, sculptures and prints. Behind the simplicity of his patterns, the apparent ease of his realization, there is an awesome preparatory work. Roy Lichtenstein realized many sketches in colored pencil before making a project on cardboard with pieces of colored papers. He photographed this model and projected the slide onto a large canvas to remake his painting. In this final step, he worked with stencils and tape, using a special rotating easel…