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Arles-y !

Une fois n’est pas coutume, le blog s’intéresse à la photographie contemporaine. Cette discipline est un vivier d’artistes formidables. Il suffit de visiter Arles pour s’en rendre compte. La ville accueille pour la quarante-sixième année ses Rencontres photographiques. Cette année, on peut découvrir une trentaine d’expositions réparties dans toute la ville et à ses alentours dans des lieux souvent insolites et magnifiques : églises, couvents, chapelles, entrepôts… La programmation couvre tous les genres : photographie documentaire, vernaculaire, conceptuelle, historique… Si vous n’êtes pas passé à Arles cet été, il est encore temps de goûter ce très bon crû 2015, car le festival ferme ses portes le 20 septembre seulement. Voici les 5 expositions préférées du blog.

Martin Gusinde au Cloître Saint-Trophime

Rencontres photographiques Arles
Martin Gusinde. Ulen, Le bouffon masculin. Avec l’aimable autorisation d’Anthropos institut/Editions Xavier Barral

C’est un voyage vers des terres inconnues, aujourd’hui disparues, que nous propose cette exposition. Elle présente les photographies du missionnaire et anthropologue allemand Martin Gusinde, réalisées de 1918 à 1924 au fil de quatre voyages de plusieurs mois en Terre de Feu. C’est le seul anthropologue à avoir pu effectuer une étude détaillée de plusieurs sociétés primitives de cette région, les Selk’nam, les Yamana et les Kawésqar. L’homme ne porte pas un froid regard scientifique sur ces tribus. Bien au contraire, il participe à la vie des villageois, à leurs rites religieux. Les 1 200 clichés qu’il prend témoignent d’une profonde humanité. Ils laissent entrevoir la richesse mythique de sociétés qui avaient été jusque‐là considérées comme peu dignes d’attention. Les portraits constituent une grande part de ces images et le corps y apparaît dans ses manifestations les plus extraordinaires, celles du monde des esprits.

L’Esprit des hommes de la Terre de Feu de Martin Gusinde.

Markus Brunetti à la Grande Halle

Rencontres photo Arles
Markus Brunetti
Köln, Hohe Domkirche St. Petrus, 2008-2014.
avec l’aimable autorisation de l’artiste et Hartmann projects.

Oooh ! ne peut-on s’empêcher de s’exclamer devant les photographies de Markus Brunetti. Puis, dans la foulée, on se demande : comment a-t’il fait ? En 2005, l’artiste entame un long voyage à travers l’Europe qui durera dix ans. Il photographie les façades d’édifices sacrés en choisissant une perspective frontale radicale. Dans ses clichés grand format, aucun personnage, aucun nuage, aucun brin d’herbe ou papier sale. Rien ne vient gêner l’observation des bâtiments, incroyablement nets et détaillés depuis leur flèche jusqu’au perron. Cette précision surréaliste, obtenue grâce à un minutieux travail de postproduction, désarçonne le spectateur, le met au défi, l’invitant à prendre le temps de contempler ces monuments qu’il a peut-être déjà visités, sans toujours remarquer l’incroyable beauté de leurs façades.

Façades de Markus Brunetti

Alex Majoli et Paolo Pellegrin au magasin électrique

rencontres photo Arles
Une vue de l’exposition Congo d’Alex Majoli et Paolo Pellegrin

Ces deux photographes de l’agence Magnum nous emmènent au Congo, pour un voyage hors des sentiers battus et rebattus sur l’Afrique noire. Ils dévoilent un pays aux multiples facettes. Ils arpentent les villes et les campagnes, les mondes du jour et de la nuit, ils partagent les joies et les peines des habitants. C’est une photographie humaniste toute en finesse.

Congo d’Alex Majoli & Paolo Pellegrin.

Thierry Bouët à la Grande Halle

Fasciné par les annonces du site le Bon Coin, Thierry Bouët est allé à la rencontre de vendeurs d’objets d’insolites. Il les photographie chez eux avec cet objet dont ils ne veulent plus, dans une mise en scène décalée. Il accompagne ses clichés du texte de l’annonce, de quelques lignes d’explication. Le résultat est une exposition à l’humour tendre, jamais méchant.

Affaires privées de Thierry Bouët

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Thierry Bouët, série Affaires privées. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Vernaculaire ! à la Chapelle de la Charité

Rencontres photo Arles
Teddybär, 45. Avec l’aimable autorisation de Jean-Marie Donat.

L’exposition présente trois séries issues du fonds de 10 000 photographies du collectionneur Jean-Marie Donat. Les images qu’il affectionne ont pour point commun la répétition d’un détail. Cette répétition abolit le hasard ; les clichés côte à côte prennent un nouveau sens. «Teddybear» rassemble ainsi des photographies prises en Allemagne entre la fin de la Première Guerre mondiale et la fin des années 1960. Des anonymes posent à côté d’acteurs déguisés en ours blancs, placides ou inquiétants. «Blackface» interroge l’évolution du regard porté sur les Afro-Américains entre 1880 et la fin des années 1960 via les blackfaces, ces blancs grimés en Noirs pour des spectacles ambulants ou des fêtes privées. «Predator» présente des photos d’amateurs du monde entier ayant en commun l’ombre du photographe, portant un chapeau. Le même homme est partout, tout le temps, menaçant.

Vernaculaire ! Trois séries de la collection Jean-Marie Donat

Pour connaître le programme :

Le site du festival : Rencontres photographiques d’Arles