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Les gueules cassées de Marc Héliès

Le sujet est plutôt difficile. Mais Marc Héliès s’y est attelé sans faux-semblant ni fausse pudeur. Ses portraits de gueules cassées de la Première Guerre mondiale saisissent le spectateur. Comment ces hommes ont-ils pu survivre alors qu’ils étaient aussi meurtris, comment ont-ils pu continuer à espérer alors qu’ils n’avaient plus visage humain ?

Issu d’une famille de militaires, l’artiste dénonce les horreurs de la guerre. Aujourd’hui, celle-ci se perpétue avec des drones, des écrans vidéo. Mais les blessures, les souffrances sont toujours terribles. Marc Héliès se bat contre la guerre à sa façon, avec des stylos-billes, du papier calque. Il a réalisé une quarantaine de portraits de gueules cassées françaises et allemandes qu’il présente à côté de paysages du front, hachés par les bombes. Il associe ces dessins avec des pages de livres d’écrivains pacifistes : À l’ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque, Le Feu d’Henri Barbusse, Orage d’acier d’Ernst Jünger. L’ensemble est saisissant. L’œuvre peut repousser, effrayer. Mais un artiste ne doit pas forcément peindre le beau, ni l’agréable. Marc Héliès explique sa démarche dans cette vidéo filmée par le blog à son atelier.


Les gueules cassées de Marc Héliès par cimaises-leblog

En savoir plus :

Marc Héliès a présenté ses Gueules Cassées lors du salon Mac Paris en novembre dernier. 2014 étant une année de commémoration de la Grande Guerre, il espère pouvoir montrer cette série dans des lieux de mémoire.

L’artiste exposera à l’Espace 13 à Mur-de-Barrez (12) du 12 avril au 31 mai. Il sera présent à la manifestation Artcité de Fontenay-sous-Bois (94) à l’automne 2014.

Son site : http://www.marc-helies-peintre.odexpo.com

Image en-tête : Marc Héliès, Gueules cassées, Le feu n°28, technique mixte,  24 x 30 cm.
Marc Héliès dans son atelier. Photo VA.
Marc Héliès dans son atelier. Photo VA.
chauchereau mac paris

Mes coups de cœur à Mac Paris

Mac Paris fête ses trente ans. C’est un très bel anniversaire, car la sélection est particulièrement réussie cette année. Les bonnes surprises sont nombreuses, dans des univers très différents, de l’hyperfiguratif au street-art en passant par le pop art, l’abstraction. Ce salon a pour particularité de permettre aux artistes de présenter directement leur travail au public sans passer par le filtre d’une galerie. Sont donc réunis cent vingt-cinq talents, choisis pour leur originalité, leur message, leur cohérence plastique. Chacun dispose d’un beau stand individuel de 18 m2. À charge pour eux de soigner l’accrochage et de séduire les visiteurs. Les artistes sélectionnés jouent le jeu. Chaque stand est un univers à découvrir. L’ensemble est de qualité. Le crû 2013 est gouleyant avec des arômes acidulés et anticonformistes.

Et puisqu’il n’est pas possible de parler de tout le monde, voici six artistes dont j’ai aimé le travail.

Amaya Eguizabal

mac paris
Amaya Eguizabal, Où est Dieu ? Technique mixtes sur toile, 144 x 266 cm, 2011

Amaya Eguizabal réinterprète les souvenirs de son enfance, des contes et des légendes, de l’univers des rêves et des petits faits innocents de la vie de tous les jours.

Hélène Loussier

Hélène Loussier, Lapin Botté, faience émaillée
Hélène Loussier, Lapin Botté, faience émaillée

Après avoir longtemps exploré le pays du dessin, de la ligne et de la tache, Hélène Loussier est entrée dans la troisième dimension ! Elle crée des maisons avec des pattes, des chiens fleurs, des lapins bottés. Ses sculptures en céramique émaillée nous plongent dans un univers tout en fantaisie et poésie.

Emmanuelle Mason

Emmanuelle Mason, Le Bélier, encre sur impression numérique montée sur Dibond - 150 x 213 cm - 2012
Emmanuelle Mason, Le Bélier, encre sur impression numérique montée sur Dibond – 150 x 213 cm – 2012

Comment rendre beau ce qui est irregardable ? Emmanuelle Mason peint, dessine, photographie des animaux morts. Par la grâce de son coup de crayon, le cadavre devient exquis, le laid devient sublime.

Marc Héliès

Marc Héliès, Gueules cassées, crayon et stylo sur page du "Feu" d'Henri Barbusse, 24 x 30, 2012-2013
Marc Héliès, Gueules cassées, crayon et stylo sur page du « Feu » d’Henri Barbusse, 24 x 30, 2012-2013

Les gueules cassées de Marc Héliès nous parlent de guerres passées. Avec les années, les derniers témoins de la Grande Guerre disparaissent. L’horreur devient une abstraction. Heureusement, l’art est là pour gueuler : plus jamais ça ! Dans ses œuvres, Marc Héliès mêle texte et dessin. Pour réaliser ses portraits, il a effectué une recherche documentaire dans les archives du Val de Grâce et dans des revues antimilitaristes allemandes.

 

 Anne-Christine Roda

Anne-Christine Roda, "Jean-Michel D"., huile sur toile, 80 x 100 cm.
Anne-Christine Roda, « Jean-Michel D », huile sur toile, 80 x 100 cm.

Au-delà de la prouesse technique, les portraits Anne-Christine Roda dégagent une force intemporelle, une humanité fébrile. Qui sont ces autres ? Que regardent-ils ? Qui sont les spectateurs ?

Élodie Lemerle

Élodie Lemerlé, Acrylique sur papier, 100 x 150 cm
Élodie Lemerlé, Acrylique sur papier, 100 x 150 cm

Élodie Lemerle puise son inspiration dans les photographies de presse, qu’elle détourne, incise, associe. Son sujet c’est l’humanité vue par le prisme des médias. Elle retriture à sa façon ces images informatives, chamboulant l’ordre établi pour lui redonner son sens, un autre sens.

 

 

En bonus

J’ajoute dans cette liste très féminine (le hasard du choix, la sensibilité de l’auteur de ces lignes)  Jérôme Delépine, Albane de Saint-Rémy et Mélanie Duchaussoy. Avec une mention spéciale pour une autre artiste dont le blog s’est déjà fait l’écho, et qui en outre, est une amie, Alexandra Chauchereau. Elle présente ici un travail sur l’identité, la violence larvée des étiquettes sociales. Pour en savoir plus, vous pouvez regarder son interview vidéo sur le blog.

(Photo en-tête : peinture d’Alexandra Chauchereau)

Infos :

Mac Paris, c’est du 28 novembre au 1er décembre 2013, Espace Champerret, 6 rue Jean Oestreicher, 75017 Paris. Métro : Porte de Champerret.

Féminités

La galerie Alexandre Cadain a réuni trois artistes qui proposent, toutes les trois, leur vision de la sexualité féminine. Dans ses créations mêlant matière brutes, fil de métal et fil à broder, VAM dénonce une sexualité bafouée et meurtrie, les stéréotypes misogynes. Dans ses tableaux et installations, l’élégance froide des matériaux évoque, pour qui sait observer, les violences faites aux femmes, l’enfermement dans lequel on les place parfois.

VAM. Série Les Vierges Noires. Feuille d’étain, fil de soie, tirage numérique

Pascaline Rey imagine des méduses de dentelle, de soie et de résilles. Ces œuvres sont réalisées avec les lingeries que les femmes lui confient. En les assemblant, l’artiste leur invente une nouvelle histoire. Chaque méduse symbolise ainsi un aspect de la féminité, de l’ingénue à la veuve joyeuse. Véronique Durieux explore, quant à elle, le thème de la femme et du loup depuis une dizaine d’années. Ses sculptures en terre cuite racontent le dépassement nécessaire des peurs, l’acceptation du corps et de ses désirs.

Véronique Durieux

L’exposition Féminins Singuliers se déroule jusqu’au 24 septembre 2011 à la Galerie Alexandre Cadain à Paris.

Pour en savoir plus, c’est ici !