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Visite privée chez Hervé Perdriolle, galeriste de l’art indien

Ancien galeriste de la Figuration Libre, Hervé Perdriolle choisissait il y a vingt ans de s’exiler en famille à Pondichéry pour découvrir de nouveaux horizons. Il ne fut pas déçu de son voyage. L’art contemporain populaire et tribal indien le séduisit à tel point qu’il se mit à le collectionner. Quelques années plus tard, de retour à Paris, il décidait de mieux faire connaître ses artistes favoris au public occidental. Cimaises le blog a eu la chance de rencontrer le marchand collectionneur dans son appartement-galerie à Paris où il reçoit sur rendez-vous.

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Hervé Perdriolle devant une œuvre de Jangarh Singh Shyam. Photo VA.

Cimaises le blog : Comment s’est faite votre rencontre avec l’art contemporain populaire indien ?

Hervé Perdriolle : Je suis parti en Inde, car je voulais sortir de l’ethnocentrisme européen, découvrir de nouvelles cultures. Les quatre premiers mois de mon séjour à Pondichéry, j’ai passé mon temps à l’École française d’Extrême-Orient à compulser tout ce qui avait été publié sur l’art et les cultures locales. J’ai appris que dans les années soixante-dix, le gouvernement indien, dirigé alors par Indira Gandhi, avait placé au même niveau art contemporain, art tribal et art populaire indien en accordant des « national awards » aux grandes figures de ces mouvements. Un musée mêlant art contemporain et art populaire avait même été créé à Bhopal, le Bharat Bhawan. J’ai alors décidé de prendre le relais de qui avait été entrepris et de monter ma propre collection.

J’ai mis mes pas dans ceux des spécialistes de ces arts. Je me suis intéressé aux grands noms des ouvrages que je consultais. Puis je suis parti aux quatre coins du pays pour rencontrer ces personnes. À l’époque, c’était compliqué. Les routes étaient mauvaises, il n’y avait pas internet, je mettais un temps fou à me rendre sur place. Parfois, je trouvais porte close, mais je découvrais au hasard de mes voyages d’autres artistes, qui me captivaient. Pendant quinze ans, j’ai acheté des œuvres, en vendant mes biens pour pouvoir le faire. Je les montrais très peu et ne les commercialisais pas. Je suis devenu marchand par la force des choses. De retour à Paris, j’ai écrit de nombreux blogs pour faire connaître cet art, mais j’avais peu d’influence. Un beau jour, un collectionneur a vendu une partie de sa collection indienne, je l’ai aidé. La vente a fait un beau résultat, j’ai communiqué là-dessus. Cet argument économique a eu beaucoup plus de poids que les milliers de lignes que j’avais écrites pour faire découvrir ces artistes ! Aujourd’hui, je participe à des expositions en montrant des œuvres de ma collection, je mets en correspondance artistes contemporains occidentaux et artistes indiens. Je représente dans ma galerie des artistes populaires indiens, mais aussi de jeunes artistes sortis des écoles d’art, qui ont une démarche reliant passé et présent.

Quelle est la particularité de cet art ?

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Jivya Soma Mashe, « Double fishnet », 2014 130 x 225 cm.

Il n’y a pas un art indien, mais  différentes formes d’art, à la diversité colossale. Les peuples aborigènes de l’Inde sont répartis sur tout le territoire, dans de nombreuses tribus, qui regroupent parfois des centaines de milliers de personnes. Ces tribus ont leur propre dialecte, leur propre religion, souvent animiste, et leur propre expression artistique. Une des tribus les plus connues est les Naga, des coupeurs de têtes, christianisés dans les années 50, qui ont créé des totems et des parures magnifiques. Une autre tribu, les Warli, regroupe 600 000 personnes, qui vivent le plus possible en autarcie. Traditionnellement, elles peignaient des peintures rituelles deux fois dans l’année, au moment des mariages et des récoltes de riz. Mais un jour, dans les années 70, un homme a décidé de dessiner quotidiennement. Jivya Soma Mashé a développé un style qui a fait l’admiration de ses proches, de sa tribu puis de son pays. Peindre est alors devenu une activité pratiquée par plusieurs centaines de familles, qui complètent leur revenu agricole par la vente de petites œuvres. Une dizaine de leurs membres sont des artistes à part entière. L’art warli se caractérise par une pictographie basée sur le triangle. Un homme est composé de deux triangles opposés : l’un évoque la montagne sacrée de cette région, l’autre l’urne dans laquelle on fait les offrandes. Le peintre anime les personnages en variant l’orientation de ces deux éléments. Ainsi il peut transmettre les légendes de la tribu, car celle-ci n’a pas d’écriture !

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Une encre de Mayank Kumar Shyam (130,5 x 94 cm)

Qui sont les artistes phares de votre collection ?

C’est difficile pour moi de distinguer un artiste plus qu’un autre, car ils sont tous extraordinaires. Jivya Soma Mashé, dont je vous parlais, est l’un des artistes clefs de ma collection, mais j’essaie aussi de soutenir de jeunes artistes, comme Mayank Kumar Shyam, âgé de 25 ans, issu de la tribu des Gond. Ses encres sont magnifiques. J’aime aussi beaucoup le travail de Pushpa Kumari, une jeune femme artiste originaire de l’État du Bihar au nord de l’Inde. Elle travaille dans la tradition des peintures mithila de cette région, mais en modernisant le style et en ayant des thèmes très actuels, comme le fœticide des embryons féminins, le Sida…

Votre galerie est dans votre appartement. Pourquoi ne pas avoir pignon sur rue ?

Le principe de la galerie, le white cube froid et immaculé, n’est pas du tout dans mes goûts. Mais il est vrai que je me pose désormais la question d’avoir un espace ouvert au public pour me permettre d’organiser des conférences, des rencontres, des événements, des performances avec des artistes. Je suis en train d’y réfléchir. Peut-être dans quelques mois… Ce sera une nouvelle aventure !

Actualité

Cet été, Hervé Perdriolle présente plusieurs de ses artistes lors de différentes expositions collectives. Il est ainsi invité par la galerie Louis Gendre à Chamalières pour montrer son exposition « Art tribal contemporain Inde » du 19 juin au 29 août. On le retrouve aussi régulièrement dans des foires internationales comme Drawing Now et Outsider Art Fair…

Autres événements :

Musée International Des Arts Modestes Sète – France
« Véhicules » du 27 mars au 20 sept 2015

Biennale Internationale d’Art Contemporain de Melle – France
« Jardiniers terrestres, jardiniers célestes » du 4 juillet au 27 sept 2015

Espace Hom Le Xuan Gstaad – Suisse
« Indian Contemporary Art » du 11 juillet au 29 août 2015

Palais des Beaux-Arts Bruxelles – Belgique
« Chinese Utopia Revisited » du 17 juillet au 29 septembre 2015

Musée Paul Valéry Sète – France
La Figuration Libre « Historique d’une aventure » du 2 juillet au 15 nov 2015

Pour en savoir plus

Hervé Perdriolle reçoit sur rendez-vous dans sa galerie en appartement située à Paris, près du jardin de Luxembourg. Son site : http://herve-perdriolle-paris.blogspot.fr/

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Les noirs dessins de Zonder

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Jérôme Zonder, « Jeu d’enfants #4 », 2011, mine de plomb et fusain sur papier, 200 x 150 cm, collection O. Malingue, France

À la sortie de l’École des Beaux-Arts de Paris en 2001, Jérôme Zonder décidait de ne dessiner qu’en noir et blanc et de ne jamais utiliser de gomme. Un choix plutôt radical. Qui aurait sans doute été anecdotique si l’artiste n’avait développé un univers très personnel. Ses œuvres (souvent de très grands formats), réalisées essentiellement à la mine de plomb et au fusain, suscitent à la fois admiration et effroi. « En 2009, une montée de violence me semblait palpable. J’ai commencé une série consacrée aux enfants du siècle, alors âgés de neuf ans, autour du thème de leur anniversaire les faisant rejouer des événements de l’actualité récente, où violence, enfance, cruauté et amour s’entremêlaient. » Au fur et à mesure des années, les enfants sont devenus des adolescents, mais sont restés toujours aussi cruels. Scènes d’exécution et de torture hantent l’artiste, qui a également travaillé sur la Shoah. « Intuitivement, la violence a depuis le début orienté le choix des sujets dans mon travail et organisé le rapport que je voulais entretenir avec sa matérialisation. II s’agit de la violence dont on hérite et de la violence du monde au présent. La radicalité du dessin coïncide, dans mon esprit, avec de fortes intensités qui sont le plus à même de rendre sensible ce que je veux donner à voir. »

Jérôme Zonder au travail dans son atelier.
Jérôme Zonder au travail dans son atelier.

Antoine de Galbert, le fondateur de la Maison Rouge à Paris, collectionne Jérôme Zonder depuis 2004. Il a décidé de lui ouvrir les portes de son espace. « Ce qui m’a beaucoup plu est le ton porté sur un mode bande dessinée, comique et sombre, à la manière de Crumb. J’étais autrefois passionné par ce médium, j’ai donc été naturellement happé par cet aspect, qui m’a ensuite ouvert le chemin sur le reste de son œuvre. » Jérôme Zonder a investi la Maison Rouge avec le même maximalisme que pour sa démarche artistique. Les murs, le sol sont entièrement recouverts de dessins au feutre, au crayon, dans une profusion maniaque. Sur cette œuvre démesurée sont accrochés les dessins de l’artiste. Le visiteur progresse dans ce labyrinthe angoissant, en proie à la fascination et à la répulsion. Il plonge littéralement dans l’univers de l’artiste, sans pouvoir y échapper. Certains trouveront sans doute cette prise d’otage intolérable. Mais l’artiste veut placer chacun de nous face à la violence de l’humanité, notre propre violence, et nous faire nous interroger sur la façon dont nous l’évitons, la nions ou la combattons.

Infos pratiques

Jérôme Zonder, « Fatum » du 19 février 2015 au 10 mai 2015 à  La maison rouge, fondation Antoine de Galbert, 10 bd de la Bastille, 75012 Paris. www.lamaisonrouge.org

Oeuvre à la une

Jérôme Zonder, « Jeu d’enfants #1 », (détail) 2010, mine de plomb sur papier, 160 x 160, collection privée, France

Les dessins des Guerlain

Se perdre dans un labyrinthe de dessins est un plaisir délicieux. Surtout quand, au bout du parcours, ne guette aucun Minotaure affamé. C’est la sympathique expérience que nous offre la galerie d’art graphique du Centre Pompidou. Les lieux ont été reconfigurés pour accueillir la donation de dessins de Daniel et Florence Guerlain, grands collectionneurs d’art contemporain sur papier. Une enfilade de couloirs et de petites salles font perdre le sens de l’orientation au visiteur. Chaque espace recèle son lot de surprises. Sur les murs blancs, les cadres sous verres sont autant de fenêtres vers des univers particuliers, marqués de la personnalité de leur créateur. Le regard du visiteur est happé par une performance graphique, une atmosphère onirique, un assemblage surréaliste. Il est séduit, interpelé, admiratif… J’ai aimé, entre autres, les dessins délicats de Fabien Merelle sur les clochards du bois de Vincennes, les oiseaux de mauvais augure à l’encre et au café de Cameron Jamie, les croquis cruellement enfantins de Françoise Pétrovitch, les fumées de Tony Oursler. Difficile de choisir. Il y a plus de trois cents dessins présentés, réalisés par deux cents artistes d’une trentaine de nationalités différentes. Cette exposition dresse un superbe panorama de la création contemporaine. Elle montre que le dessin est loin d’être un genre mineur et monotone. Sous le crayon et la plume, l’inventivité bouillonne. Et ce n’est que la partie haute de l’iceberg. En janvier 2012, ce sont 1 200 dessins que Daniel et Florence Guerlain ont offerts au Musée d’Art Moderne. Espérons qu’un épisode deux de l’exposition sera programmé pour découvrir ces œuvres d’art.

Florence Guerlain a bien voulu répondre aux questions du blog. Elle explique les raisons de cette donation et le fil rouge de l’exposition présentée au Centre Pompidou. Merci à elle !

Cimaises Le Blog : Comment avez-vous constitué votre collection de dessins ? Quels critères ont guidé vos choix ?
Florence Guerlain : Cette collection s’est faite au fil du temps. Nous avons acheté au cours de ces vingt-cinq dernières années des sculptures, des peintures, des photos, des dessins. En créant notre prix de dessin contemporain dans le cadre de notre Fondation nous avons eu l’occasion de rencontrer un plus grand nombre d’artistes utilisant ce médium. Nous avons eu l’opportunité ainsi d’acheter plus de dessins et nous avons pu constituer une réelle collection. Aucun critère à priori. Yves Lecointre, directeur du Frac Picardie, a bien regardé notre collection et  il y a trouvé un fil conducteur « l’absence et la présence du corps ». Jamais lors de nos achats nous n’avions pensé à cibler notre décision sur ce thème. Nous achetons ensemble ce qui nous plait, et voilà ! Mais l’inconscient travaille à priori !!!

CLB : Pourquoi avez-vous décidé de céder une partie de votre collection ?
FG : Parce que nous avons souhaité qu’elle reste dans son intégralité et la seule façon était de la donner à un musée. Nos affinités avec les amis du Musée national d’art moderne (Alfred Pacquement, Jonas Storsve, Alain Seban, François Trêves, et maintenant Jacques Boissonnas)* nous ont tout naturellement guidés vers ce grand musée dont le cabinet d’art graphique détient déjà plus de 20.000 dessins.

CLB : Comment l’exposition au Centre Pompidou a-t-elle été organisée ? Avez-vous participé à l’accrochage ?
FG : Jonas Storsve, le conservateur du cabinet d’art graphique, a fait une sélection des dessins à partir des artistes qui ont été sélectionnés pour tous les prix de dessin depuis 2007. C’était en quelque sorte la colonne vertébrale de l’accrochage. Après il a trouvé les affinités entre les artistes. Nous n’avons pas assisté à l’accrochage, car nous avions une confiance absolue. Et vous avez vu le résultat, c’est assez extraordinaire. La scénographie est spectaculaire.

CLB : Quelles sont vos œuvres préférées dans cette exposition ?
FG : Ce pourrait être celles que nous n’avons jamais pu voir dans leur ensemble par manque de place dans nos maisons. Ainsi l’extraordinaire série de Marc Bauer que nous avions donnée non encadrée, qui a été encadrée et montrée exactement comme les séquences du film « La Jetée ». Nous n’avions pas 20 mètres pour la présenter comme cela, c’est bien là cependant qu’elle prend toute sa force. Notre œil avait été bon pour l’acheter. Cela fait très plaisir. La salle des « insectes » qui rassemble Jose Maria Sicilia (les cires d’abeille) Daniel Dezeuze, Not Vital, Gilles Aillaud, Roger Acking. C’est d’une grande sensibilité. Je ferai une remarque sur notre collection : dans cette petite salle, il y a un Espagnol, deux Français, un Suisse et un Anglais. C’est cette diversité de nationalités d’artistes qui a séduit le musée. La donation représente 38 nationalités avec 200 artistes. Et ça fonctionne.

* NDLR : La société des Amis du Musée national d’art Moderne est une association dont la vocation est de réunir collectionneurs et amateurs désireux de participer à l’activité du Musée et de soutenir l’élaboration de ses collections.

Fabien Mérelle Paul d’Aubervilliers, 2010 Encre sur papier 28,2 x 21 cm
Fabien Mérelle, Paul d’Aubervilliers, 2010 Encre sur papier 28,2 x 21 cm

En savoir plus :

Donation Guerlain, 16 octobre 2013 – mars 2014, galerie du Musée et galerie d’art graphique, Centre Pompidou, Paris.

Image en-tête : Richard Prince, Sans titre (Once upon a time), 1996 Stylo-bille sur papier 28,3 x 38 cm

Marta Grassi, contes dessinés

Les jeunes femmes dessinées par Marta Grassi ne sont pas si sages que leur regard tendre voudrait nous le faire croire… Belles et nues, elles règnent sur une cour d’animaux familiers ou sauvages. Dans une étreinte sensuelle, elles serrent leur compagnon contre leur cœur, les cachent entre leurs jambes. Entre la femme et l’animal se crée un dialogue poétique et subtil, qui révèle la douce animalité de l’une, la si proche humanité de l’autre. Au fusain et à la pierre noire, avec quelques touches de gouache, Marta Grassi donne libre cours à sa fantaisie, elle crée des contes à rêver. À chacun de trouver la clef des songes. Pour Cimaises-leblog, l’artiste livre, sans trop dévoiler, le secret d’un de ses dessins…

Si vous aimez son univers, vous pouvez découvrir son travail à la galerie de l’Atelier Pièce Unique à Fourqueux (78112) jusqu’au 28 septembre 2013.

The artist Marta Grassi draws young women not so wise, despite their tender glance. Beautiful and naked, her heroines ruled over a domestic or wild animals court. In a sensual embrace, they shake their companion against their heart, they hide them between their legs. Between woman and animal, a poetic and subtle dialogue is created that reveals the gentle animality of one, the humankind of the other. With charcoal, black chalk and touches of gouache, Marta Grassi gives free rein to her imagination. She creates stories to dream. For Cimaises-leblog, the artist reveals the secret of one of her drawings.

Les mondes louches de Chelushkin

La galerie Rabouan Moussion présente l’artiste russe Kirill Chelushkin jusqu’au 13 juillet. Celui-ci s’est fait connaître en dessinant des architectures industrielles imaginaires. À partir de la fin des années 90, il ancre ses œuvres plus dans le réel, critiquant le modernisme de notre société occidentale. Il dessine les anciennes villes russes interdites, les multiples usines en déclin qui hantent le pays. Des personnages se mettent à peupler ses toiles. Et ce sont les œuvres que je préfère. Elles dépeignent des situations absurdes où l’Homme révèle sa fragilité, elles évoquent des réminiscences de cauchemars enfantins, des souvenirs de la grande histoire soviétique… L’artiste, qui dispose d’une solide formation académique, a choisi la technique du crayon graphite qu’il travaille sur de grandes toiles plastiques. Le dessin très contrasté, les coups de griffe du crayon, les éclats métalliques du graphite accentuent l’effet dramatique des scènes. La tension est palpable, l’atmosphère se charge d’une ambigüité inquiétante…

Exposition Kirill Chelushkin « Iron », du 8 juin au 13 juillet 2013, Galerie Rabouan Moussion, 121, rue Vieille du Temple, 75003 Paris.

In a few words :
Kirill Chelushkin is a Russian artist who draws with graphite on plastic. He is known for his beautiful and large architectural drawings. In his later works, he depicts absurd situations where mankind reveals its fragility, he evokes childish nightmares and dark memories of the great Soviet history.
The gallery Rabouan Moussion in Paris presents his drawings until July 14.

Françoise Petrovitch à la Semiose Galerie (photo VA)

Le dessin, c’est contemporain !

Jérôme Zonder à la Galerie Eva Hober

À voir absolument ! Drawing now Paris, le salon du dessin contemporain tient sa 7e édition au Carrousel du Louvre jusqu’au 14 avril. C’est un petit salon (85 exposants) mais grand par sa qualité. Comme son nom l’indique, les galeries sélectionnées n’exposent que des œuvres sur papier : dessins, estampes, collages… Les techniques sont également incroyablement variées. Fusain, aquarelle, crayons de couleurs, crayon graphite, il y en a pour tous les goûts. Axé sur la création contemporaine, le salon permet d’appréhender l’extrême richesse de ce domaine. Les univers graphiques sont très riches avec une prédominance pour l’étrange et le sombre. Les formats, souvent de dimension importante, permettent de se laisser envahir par l’œuvre, de mieux ressentir l’intention de l’artiste. Comme l’année dernière, la plupart des galeries mettent en valeur un de leurs dessinateurs sur une partie de leur stand. Ce focus évite le côté fouillis de nombreuses foires (à tout) contemporaines. En déambulant dans les allées du Carrousel, il est impossible que vous n’ayez pas un coup de cœur. Quant à moi, j’ai particulièrement aimé l’univers enfantin et cruel de Françoise Pétrovitch à la Semiose Galerie, les forêts étouffantes de Didier Rittener à la Galerie Lange + Pult, les foisonnants dessins surréalistes de Jérôme Zonder à la Galerie Eva Hober

Françoise Pétrovitch à la Semiose Galerie (photo VA)

In brief :
The contemporary art fair “Drawing Now Paris”, exclusively dedicated to drawings, is taking place at the “Carrousel du Louvre” in Paris until Sunday 14 April. This interesting event gives the opportunity to see varied creative universes and many forms of contemporary drawings.  If you visit this fair, I’m sure you’ll have a favourite. As for me, I especially enjoyed the childish and cruel universe of Francoise Pétrovitch, the stifling forests of Didier Rittener and the teeming surreal drawings of Jérôme Zonder.

Kirill Chelushkin à la Galerie Rabouan-Moussion