Archives pour la catégorie Insolite

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Street art au Fort d’Aubervilliers

Derniers jours pour visiter In Situ Art Festival, une exposition originale de Street Art organisé au Fort d’Aubervilliers en périphérie de Paris. Cette friche industrielle qui a accueilli des bâtiments militaires puis une casse automobile va être bientôt rasée pour faire place à un écoquartier. Olivier Landes, créateur de l’association Art en Ville a proposé à l’aménageur d’organiser une exposition temporaire de Street Art. « Lorsque j’ai visité pour la première fois le Fort d’Aubervilliers, à l’automne 2013, j’ai immédiatement été interpellé par son atmosphère unique, à la fois industrielle, historique, naturelle, délaissée. C’est un lieu hors du commun, situé à moins de deux kilomètres du périphérique, une véritable pépite. »

Une cinquantaine d’artistes, pointures internationales ou talents émergents, se sont approprié les deux hectares des lieux, peignant sur les murs, le sol, les épaves de voitures, les palissades en tôle. « Les artistes ont besoin de liberté pour créer et s’épanouir dans un projet. Je les connais bien, je n’ai pas voulu les brider. Je leur ai communiqué l’histoire du lieu, expliqué le moment présent si particulier que traverse le Fort au printemps 2014. L’idée est de s’inspirer de ce lieu, de son atmosphère, de sa trajectoire historique passée et future. Ils sont donc invités à intervenir librement sur le thème de la transition. » Le résultat, soixante œuvres inédites d’artistes aux techniques et inspirations très variés signées Jef AerosolGérard ZlotykamienSixo SantosMichaël Beerens et bien d’autres…

Pour vous donner un avant-goût de votre visite, voici un petit diaporama des lieux (Photos VA-Cimaises le blog).

 

POUR S’Y RENDRE :

L’expo est visible jusqu’au 27 juillet. L’entrée est libre les samedi et dimanche de 14 h à 19 h 30. Pour sa dernière semaine, le festival sera exceptionnellement ouvert mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 juillet, de 14 h à 20 h. LIEU : Le Fort d’Aubervilliers 174, Avenue Jean Jaurès, 93300 Aubervilliers.
Oeuvre en-tête article : treize bis

Le tableau du Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel, le film du réalisateur américain Wes Anderson, est un gros succès du box-office. L’intrigue tourne autour d’un tableau volé, le « garçon à la pomme », chef d’œuvre de la Renaissance, peint par Johannes Van Hoytl le jeune. Le cinéaste, qui est plutôt facétieux, a inventé de toute pièce ce maître hongrois. Derrière ce nom se cache un artiste contemporain anglais, Michael Taylor, dont les portraits ont été plusieurs fois récompensés dans des concours. Pour découvrir son travail qui vaut le détour par sa précision et son effet spectaculaire, pour tout savoir sur la genèse du « Garçon à la pomme », voici son site : http://www.mrtaylor.co.uk/ 

Un extrait du film avec le "Garçon à la pomme"
Une image du film avec le « Garçon à la pomme »
Michale Taylor le peintre du The Grand Budapest Hotel
Une peinture de Michael Taylor, « Woman cradling glass vessel », huile sur toile, 112 x 86 cm. 

 

panos galerie christian berst

P’tits mouchoirs

Exposition originale à la Galerie Christian Berst à Paris sur les paños des prisonniers mexicains. Les paños sont des mouchoirs en coton blanc sur lesquels les détenus dessinent au crayon-bille. Pour les prisonniers latinos du sud-ouest des États-Unis, souvent illettrés et condamnés à de longues peines, ces messages aux allures d’enluminures adressés à leurs proches représentent l’unique moyen de communication avec l’extérieur. Les motifs, suivant une technique transmise d’une génération de détenus à l’autre, associent les icônes du peuple mexicain (héros de la révolution, légendes précolombiennes…) et celles de la culture des gangs latinos (pin-ups aux formes généreuses, grosses cylindrées…). Ces réalisations sont incroyablement réussies et démontrent de vrais talents d’artistes.

panos galerie Christian Berst panos  galerie Christian berst

Infos pratiques :

« Paños- prison break », du 11 mars au 19 avril 2014. Galerie Christian Berst, 3-5, passage des Gravilliers 75003 Paris. Mardi au samedi de 14 à 19 h.

Portraits à boire et à manger

Vivi Mac joue avec la nourriture pour créer des portraits express sur des plateaux repas, des tables de cuisine. Des petits suisses pour Jérôme Cahuzac, du café (of course !) pour Georges Clooney, du flan pour notre président. Ce n’est pas toujours de bon goût, mais on s’en fout. C’est de l’art iconoclaste et éphémère, qui ne se prend surtout pas trop au sérieux. Et la technique est plutôt impressionnante, comme le montre cette vidéo…

Après ces amuse-gueule, le blog fait une pause et vous retrouve à la rentrée de septembre !

Bon mois d’août à tous !

 

 

Bang bang, l’art pour cible !

Cibles anciennes dans le décor du Musée (Photos VA)

Exposition originale au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Saviez-vous que pendant des siècles, les sociétés de tir européennes ont organisé des concours dont l’enjeu consistait à tirer sur une cible minutieusement décorée ? Après les épreuves, ces cibles peintes criblées de balles étaient souvent offertes en trophées aux vainqueurs de la compétition. Le Musée présente une cinquante de cibles anciennes, principalement conservées dans les musées de Croatie. Elle confronte ces créations de la culture populaire à des œuvres récentes utilisant le motif de la cible ou se référant à l’acte prédateur du tir.

"La récompense", vers 1840, Musée de la Ville de Zagreb. Photo VA

Liée à l’essor des villes, la pratique du tir sur cible peinte se développe en Europe occidentale dès la fin du Moyen-Âge. Elle s’éteint en France à la Révolution avec l’interdiction des corporations, mais se poursuit dans les territoires de cultures germaniques comme la Croatie jusqu’à une période proche. Ces cibles d’honneur sont décorées d’une grande variété de motifs et sujets polychromes par des artistes anonymes. Scènes de genre ou d’histoire, figures allégoriques, mythologiques ou héraldiques sont accompagnées de légendes ou d’inscriptions parfois ambivalentes. Les peintres de cible ne manquent pas d’humour. Ils proposent aux tireurs d’exercer leur talent sur des paysages idylliques, voire de transgresser les tabous en tirant sur des chambres d’enfants ou les propres membres de la confrérie.

Marija Ujevic Galetovic, "Target" (détail), 1979, Musée d'art contemporain de Zagreb (photo VA)

Les œuvres contemporaines exposées dans le musée témoignent de la vitalité du thème du tir dans la création actuelle. Les plus emblématiques sont deux peintures de Niki de Saint-Phalle, Portrait of my lover et Tir, où l’artiste exprime sa révolte contre un père incestueux. Ces œuvres ont pris forme dans un happening violent et joyeux, après que les spectateurs aient tiré à la carabine ou aux fléchettes sur elles. L’artiste confiait ainsi : « C’était une sensation étonnante de tirer sur un tableau et de voir comment il se transformait lui-même en un nouveau tableau. C’était excitant et sexy, mais tragique en même temps, car nous devenions, dans le même moment, les témoins d’une naissance et d’une mort. »

Exposition « Cibles » jusqu’au 31 mars 2013, Musée de la Chasse et de la Nature, 62, rue des Archives, 75003 Paris. Ouvert de 11 h 00 à 18 h 00 tous les jours sauf les lundis et jours fériés. Nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h 30.

De Sagazan le performeur danse pour Mylène Farmer

Copie d'écran du clip "À l'ombre" de Mylène Farmer avec Olivier de Sagazan.

À l’ombre, le dernier clip de la chanteuse Mylène Farmer a été présenté en grande pompe par les chaînes de télévision… Il cultive l’esthétisme de conte de fées cruel et noir cher à la diva. Mais quel rapport, me direz-vous, avec l’art contemporain ?  Dans ce clip, un personnage étrange se recouvre la figure d’une épaisse couche d’argile grise. Tel un clown tragique, il étale de la peinture noire ou rouge sur ses yeux, sur sa bouche. Il efface aussitôt ses tracés dans un mouvement frénétique. Puis à pleine main, il déforme son visage terreux. L’impression de malaise est forte. Cette défiguration est une création d’Olivier de Sagazan, artiste performeur, sculpteur et peintre. Celui-ci développe un univers très personnel dans la lignée des expressionnistes ou de Francis Bacon. L’artiste explore différentes techniques pour interroger notre rapport au corps, à la souffrance, à la folie… Certains n’aimeront pas la crudité, la violence de ces œuvres dérangeantes. Mais du malaise naît la fascination. L’humanité fragile palpite sous la glaise.

Peinture d'Olivier de Sagazan.

Pour en savoir plus :
Olivier de Sagazan est représenté par la galerie Marie Vitoux à Paris. Vous pourrez y découvrir ses peintures et sculptures. Pour connaître les dates des prochaines performances et expositions de l’artiste, rendez-vous sur son site personnel, la nef des fous. Pour chanter sur le clip de Mylène Farmer, c’est ici.

En bonus, une performance en vidéo :

Olivier de Sagazan-EXTRAIT II from sacha krasicka on Vimeo.