Archives pour la catégorie Coups de cœur

YIA et Outsider art fair

À Paris, quand il y a la FIAC, il n’y a pas que la FIAC ! Pendant ce week-end d’octobre très chargé, la capitale accueille de nombreuses foires off. Celles-ci proposent des parcours dans l’art contemporain plus alternatifs, souvent plus originaux. Parmi les plus réussies, YIA Art Fair  présentait une sélection d’une soixantaine de galeries internationales. Voici dans cette sélection, la sélection du blog…

Mais la foire préférée du blog est la Outsider art fair dédiée aux arts bruts et autodidactes. On y fait des découvertes merveilleuses, les galeristes ont plaisir à partager leurs coups de cœur… La force de vie des artistes, leur anticonformisme donnent la pêche.

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Drawing now

Quelques beaux dessins vus au Salon Drawing Now Paris qui s’est tenu du 30 mars au 3 avril au Carreau du Temple à Paris.

Le plein d’Art brut

Venue des États-Unis, l’Outsider Art Fair tient sa troisième édition à Paris en même temps que la Fiac. Cette foire réunit trente-sept galeries internationales spécialisées dans l’art brut et l’art outsider. C’est une belle occasion de découvrir des artistes peu montrés en France. Les prix sont de plus très accessibles, si l’on exclut les grandes stars de l’art brut, comme Aloïse dont les œuvres voisinent les 50 000 euros.

Voici quelques-uns des coups de cœur du blog. (cliquez sur les images pour passer en mode diaporama)

Les liens

Pour en savoir plus, voici quelques liens sur les artistes et les galeries

C.J. Pyle à la Carl Hammer Gallery

Scottie Wilson chez Fleisher Ollman

Martine Birobent de la Galerie des Nanas

Marie-Rose Lortet chez Marie Finaz Gallery

Agostino Goldani chez Maroncelli 1.2

Terry Curling chez Béatrice Soulié

Eugene Von Bruenchenhein chez Andrew Edlin Gallery

Alice Wong chez Creative Growth art center

Damien Michaels à la galerie Eqart

Image en tête  : C.J. Pyle à la Carl Hammer Gallery

Beaute Congo

Beautés de l’art congolais

Pour une fois, une exposition ne cherche pas à couvrir l’art de tout le continent africain, ce qui est une tache démesurée, un peu absurde. Au contraire, elle se focalise sur un seul pays, le Congo, et retrace près d’un siècle de sa production artistique, en mettant l’accent sur la peinture et la photographie. Près de 350 œuvres témoignent de la vitalité culturelle de ce pays. C’est une explosion de couleurs, de non-conformisme, de gaieté et d’inventivité… Le visiteur découvre les jungles généreuses de Bela Sara, le Kinshasa nocturne et fêtard de Moke, les peintures « populaires » de Chéri Samba, les clinquantes villes imaginaires de Bodys Isek Kingelez. Le coup de cœur du blog va à JP Mika, né en 1980. Ses peintures grand format sur tissu dressent le portrait d’une Afrique moderne et dynamique, connectée sur le monde. Alors, n’hésitez pas. Offrez-vous un voyage au Congo. L’embarquement se fait à la Fondation Cartier à Paris, jusqu’au 15 novembre !

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Pour plus d’info :

Beauté Congo, Fondation cartier pour l’Art contemporain, 11 juillet-15 novembre 2015. http://fondation.cartier.com

Et une interview de l’artiste JP Mika par KINGZ.FR

Pour voir d’autres interviews des artistes contemporains de l’expo, c’est ici !

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Les noirs dessins de Zonder

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Jérôme Zonder, « Jeu d’enfants #4 », 2011, mine de plomb et fusain sur papier, 200 x 150 cm, collection O. Malingue, France

À la sortie de l’École des Beaux-Arts de Paris en 2001, Jérôme Zonder décidait de ne dessiner qu’en noir et blanc et de ne jamais utiliser de gomme. Un choix plutôt radical. Qui aurait sans doute été anecdotique si l’artiste n’avait développé un univers très personnel. Ses œuvres (souvent de très grands formats), réalisées essentiellement à la mine de plomb et au fusain, suscitent à la fois admiration et effroi. « En 2009, une montée de violence me semblait palpable. J’ai commencé une série consacrée aux enfants du siècle, alors âgés de neuf ans, autour du thème de leur anniversaire les faisant rejouer des événements de l’actualité récente, où violence, enfance, cruauté et amour s’entremêlaient. » Au fur et à mesure des années, les enfants sont devenus des adolescents, mais sont restés toujours aussi cruels. Scènes d’exécution et de torture hantent l’artiste, qui a également travaillé sur la Shoah. « Intuitivement, la violence a depuis le début orienté le choix des sujets dans mon travail et organisé le rapport que je voulais entretenir avec sa matérialisation. II s’agit de la violence dont on hérite et de la violence du monde au présent. La radicalité du dessin coïncide, dans mon esprit, avec de fortes intensités qui sont le plus à même de rendre sensible ce que je veux donner à voir. »

Jérôme Zonder au travail dans son atelier.
Jérôme Zonder au travail dans son atelier.

Antoine de Galbert, le fondateur de la Maison Rouge à Paris, collectionne Jérôme Zonder depuis 2004. Il a décidé de lui ouvrir les portes de son espace. « Ce qui m’a beaucoup plu est le ton porté sur un mode bande dessinée, comique et sombre, à la manière de Crumb. J’étais autrefois passionné par ce médium, j’ai donc été naturellement happé par cet aspect, qui m’a ensuite ouvert le chemin sur le reste de son œuvre. » Jérôme Zonder a investi la Maison Rouge avec le même maximalisme que pour sa démarche artistique. Les murs, le sol sont entièrement recouverts de dessins au feutre, au crayon, dans une profusion maniaque. Sur cette œuvre démesurée sont accrochés les dessins de l’artiste. Le visiteur progresse dans ce labyrinthe angoissant, en proie à la fascination et à la répulsion. Il plonge littéralement dans l’univers de l’artiste, sans pouvoir y échapper. Certains trouveront sans doute cette prise d’otage intolérable. Mais l’artiste veut placer chacun de nous face à la violence de l’humanité, notre propre violence, et nous faire nous interroger sur la façon dont nous l’évitons, la nions ou la combattons.

Infos pratiques

Jérôme Zonder, « Fatum » du 19 février 2015 au 10 mai 2015 à  La maison rouge, fondation Antoine de Galbert, 10 bd de la Bastille, 75012 Paris. www.lamaisonrouge.org

Oeuvre à la une

Jérôme Zonder, « Jeu d’enfants #1 », (détail) 2010, mine de plomb sur papier, 160 x 160, collection privée, France
aurore pallet

L’œuvre au noir d’Aurore Pallet

Un alignement de petites peintures sur bois de format identique. Sous les spots de la galerie, leur surface vernie réfléchit des brumes blanchâtres. Mais si le visiteur se déplace et se rapproche, le reflet éblouissant disparaît, le gris scintillant fait place au noir. On découvre alors des paysages monochromes. Ceux-ci semblent surgir des ténèbres nocturnes, à peine éclairés par une lune lointaine et invisible. L’auteur de ces petites peintures est Aurore Pallet (née en 1982). Pour sa deuxième exposition à la galerie Isabelle Gounod, elle invite le visiteur à un voyage où chaque tableau constitue une étape dans des lieux symboliques ; la montagne, le rivage, l’île, le ciel. À travers ces paysages, l’artiste poursuit sa réflexion autour d’une thématique qui lui est chère, celle de « l’esprit des lieux.  » Elle confie ces quelques clefs sur sa peinture : « J’ai voulu traverser un espace. Cet espace n’est pas celui d’une réflexion ; c’était celui, immersif, du mouvement aléatoire des images mentales. Comme lorsque dans le train, le paysage qui défile sous nos yeux se transforme et disparaît pour laisser place à un flux incontrôlé de pensées flottantes. Il s’agit donc de paysages. En noir et blanc le plus souvent, à peine colorés parfois ; des rivages et des fonds sous-marins, des lignes d’horizons, les éléments d’une végétation plus ou moins envahissante, des îles… Ces peintures sont pour moi des lieux. Comme tout lieu, elles sont aussi un espace intérieur. Leur réalité importe peu. Il faut y avancer lentement, ne rien attendre, s’ancrer contre tout discours. »

aurore pallet
Aurore Pallet, Les annonces fossiles 6, 2014, huile sur bois, 17 x 25 cm.

L’expo :

Aurore Pallet « Les Annonces Fossiles », du 7 février au 28 mars 2015 (fermeture exceptionnelle de la galerie du 05/03 au 12/03 inclus) Galerie Isabelle Gounod, 13, rue Chapon 75003 Paris.

Œuvre en-tête :

Aurore Pallet, Les annonces fossiles 20, 2014, huile sur bois, 17 x 25 cm (détail)